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Le rendez-vous, soutenu par quatre secteurs ministériels, dont la Poste et les Télécommunication et l’Économie de la connaissance, se veut une participation à la concrétisation de l’ambition du continent pour «construire sa souveraineté technologique». Une vision et un projet d’avenir où l’Algérie «peut et doit» se positionner dès aujourd’hui en tant que leader, expliquent les organisateurs, principalement dans les domaines des solutions d’hébergement des données et la réalisation des réseaux en fibre optique.
Ainsi, l’ouverture au public du Salon, au Palais des expositions des Pins maritime (Safex), a vu la présence de plusieurs ambassadeurs africains, du Nigeria, d’Ethiopie, du Bénin, de Tunisie ou encore d’Egypte. L’un des organisateurs, M. Madjid Imadalou, nous précise que le secteur algérien des TIC (Technologies de l’information et de la communication) peut se targuer d’être parmi les leaders en Afrique. Une position rendue possible vu l’intérêt et le fort investissement de l’Etat pour doter le pays d’infrastructures de base très modernes. «Il s’agit maintenant de rassembler les pays africains, de faire converger les efforts vers la concrétisation de la souveraineté numérique continentale», ajoute notre interlocuteur.
«Réaliser des voies pour le transport des données»
Et très concrètement, deux types de services et expériences émergent en Algérie et pourraient, dès aujourd’hui, être des produits d’exportation et moyens de participer à la souveraineté technologique du continent : l’hébergement des données et la réalisation de réseaux en fibre optique. Sur ce dernier point, M. Hichem Andaloussi, PDG du groupe Télécom Algérie, a réaffirmé, hier, «la pleine disponibilité à participer à la transition numérique de l’Afrique». Les différentes filiales du groupe ont, en effet, acquis au cours des dernières années une immense expérience lors de la mise en œuvre des programmes nationaux de développement de l’internet. Aujourd’hui, fait savoir
H. Andaloussi, le déploiement de la fibre optique au niveau des différentes wilayas «totalise plus de 300 000 kilomètres». Pas moins de 6,4 millions de foyers sont ainsi connectés à l’internet, «dont 3,3 millions au très haut débit, sous la technologie FTTH».
Et à ce propos, M. Madjid Imadalou, en tenant pour preuve le niveau atteint par les participants au ICT Africa Summit, estime qu’il est déjà possible pour les entreprises algériennes, publiques ou privées, de mener à bien des projets pour l’extension des réseaux de fibre optique vers les pays limitrophes, et au-delà. «Tout comme nous construisons des routes et des pipelines, il nous est aussi possible de réaliser en parallèle des voies pour le transport des données».
Sécuriser les données numériques du continent
Et sur un autre plan, le lancement, hier, du ICT Africa Summit a été l’occasion de mettre en avant les possibilités offertes, aujourd’hui, par la construction de nouveaux data centers et la maîtrise de la technologie de stockage et traitement des données. Au moins six sites de ce type seraient déjà opérationnels à travers le territoire, selon des responsables interrogés. Le pays, explique de son côté le P-DG du groupe Télécom Algérie, dispose, aujourd’hui, d’«une infrastructure robuste pour l’hébergement des données. Cela offre le socle nécessaire pour le développement du contenu local, en plus du soutien au développement des start-up».
Par ailleurs, le secteur privé affiche lui aussi son ambition dans le domaine de l’hébergement Cloud et de l’exportation de ce type de services. Ainsi, l’entreprise Icosnet, l’un des leaders présents sur le marché depuis 1999, vise, aujourd’hui, le marché africain. Mlle Mebarki Sarah, cheffe de produit Cloud de l’entreprise, nous explique qu’Icosnet a fortement investi, en lançant, dès 2019, la réalisation de deux data centers à Alger et Oran. «Grâce à eux, nous pouvons fournir des solutions de Cloud public (basé sur Openstack), et du Cloud privé (basé sur Vmware), mais aussi de l’hébergement web ou les services de serveur dédiés». Nos clients en Algérie sont aussi bien privés que publics, ajoute notre interlocutrice, «et nous en avons la capacité en termes de hardware ou de ressources pour investir de nouveaux marchés».