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Un projet structurant qui consacre l’intégration progressive de la filière minière et sidérurgique nationale et qui ambitionne de transformer un défi technologique vieux de soixante-dix ans en un moteur de croissance sans précédent.
L’annonce de ce projet qui viendra renforcer davantage la chaîne de valeur de l’exploitation minière, a été faite par le groupe Tosyali Algérie, hier, en marge de la visite du Premier ministre, Sifi Ghrieb, qui a été dépêché par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Oran pour superviser l’arrivée des premières cargaisons de minerai de fer de Gara Djebilet au complexe Tosyali de Bethioua. Selon les informations fournies dans un communiqué rendu public à l’occasion par le groupe, la construction de cette usine de traitement primaire du minerai de fer se concrétisera en partenariat avec la Société nationale de recherche et d’exploitation minière (Sonarem).
Cette annonce intervient dans un contexte hautement symbolique, soit au lendemain de la visite du président Abdelmadjid Tebboune à Tindouf dans le cadre de la célébration de l’entrée effective de Gara Djebilet dans la phase d’exploitation industrielle. Dotée d’une capacité annuelle estimée à 4 millions de tonnes, la future usine constitue bien plus qu’une simple extension industrielle puisqu’elle intégrera, selon les détails fournis, trois unités essentielles à savoir une unité d’enrichissement du minerai, une unité de production de chaux et une unité dédiée à l’acide sulfurique. L’ensemble du projet, dont la livraison est prévue pour décembre 2028, sera porté par une société à responsabilité limitée créée spécifiquement à cet effet, associant Tosyali Algérie et Sonarem.
Il va sans dire que l’enjeu de cet important nouveau projet est d’abord technologique tant le minerai de Gara Djebilet, malgré ses réserves colossales évaluées à 3,5 milliards de tonnes, est caractérisé par une teneur élevée en phosphore, longtemps considérée comme un verrou à son exploitation. Le traitement primaire annoncé vise ainsi, selon les spécialistes, à lever cet obstacle, en intégrant des procédés de déphosphoration et de concentration permettant de transformer le minerai brut en un concentré compatible avec les unités de réduction directe et les hauts fourneaux modernes. Mais, au-delà de la prouesse industrielle, ce projet s’inscrit surtout dans une logique de souveraineté économique assumée qui mettra fin graduellement à la dépendance des grands complexes sidérurgiques du pays des importations de pellets et de ferraille. L’intégration progressive du minerai national dans la chaîne de production de Tosyali marque un basculement vers un modèle 100% intégré, de la mine à l’acier fini. Ce projet est ainsi de nature à renforcer la compétitivité de l’acier algérien, tant sur le marché intérieur que sur les marchés d’exportation européens, africains et nord-américains.
Par son ampleur, l’usine de traitement primaire annoncée à Oran confirme le rôle de Tosyali Algérie comme pivot technologique de la nouvelle stratégie sidérurgique nationale. À l’horizon 2028, elle pourrait consacrer l’Algérie comme un hub sidérurgique majeur en Méditerranée, transformant un gisement longtemps mythifié en levier concret de développement industriel et d’emplois durables.