| Découvrir l'Algérie | Qui sommes nous ? | Espace Presse | Contact |
Animant le colloque «Construire l’entreprise et construire le pays»,
organisé par l’établissement de formation «Ramray School», l’universitaire
indique qu’à cette échéance, le pays atteindra «une production intérieure brute
correspondant à 75% de la moyenne européenne en utilisant deux plates-formes de
classe mondiale : l’énergie renouvelable et la logistique, avec des industries
de bas de gamme technologique florissante, des industries de haut de gamme en
forte croissance et avec une agriculture moderne qui satisfait 70% des besoins
alimentaires de base du pays». Dans ce scénario, l’Algérie «jouera un plan de
premier plan comme intermédiaire entre les économies européennes et
africaines», et «sera un pays méritocratique mettant l’accent sur l’éducation
et la santé du citoyen moyen, valorisant la liberté d’entreprendre et
l’encouragement des initiatives économiques par les entreprises et les
citoyens». Ce n’est pas tout. Le Pr Hafsi va plus loin dans son analyse :
l’Algérie «sera un pays qui mettra l’accent sur la qualité de la vie, la
protection du terroir et le bonheur du citoyen».
Au plan organisationnel, «l’économie, l’éducation et la santé seront
décentralisées et sous la responsabilité des régions». Avec les ressources et
l’ambition légitime, poursuit le conférencier, l’Algérie «arrivera en 2040 à
devenir l’un des pays les plus influents de la Méditerranée au plan
économique». Aux yeux du Pr Hafsi, l’ambition de l’Algérie «ne doit pas être de
construire son marché, mais de conquérir les marchés environnants, dont
européens». D’autre part, l’universitaire bifurque sur la question de la
liberté d’entreprendre, et explique que «liberté n’est pas une position
idéologique mais plutôt pragmatique, et sa réduction mènera inéluctablement à
réduire la volonté de coopérer et, donc, détruire l’échelle collective»,
l’idéal étant de «trouver un équilibre entre la liberté et le contrôle». Face à
des situations complexes, explique le Pr Hafsi, «il faut autoriser des acteurs
à trouver des solutions à leur problème». Pour notamment la réussite de la
relance en cette période post-Covid, l’universitaire recommande une «vision
pragmatique suffisamment liée à la réalité» et en finir avec «le manque de
coordination entre départements et les règles qui se contredisent». En d’autres
termes, «reconstruire l’infrastructure institutionnelle et organisationnelle»
et «construire un avantage concurrentiel durable». Le tout se fera en tenant
compte «de la compétition entre les grandes puissances sur le plan politique et
géopolitique, ainsi que la compétition économique entre les nations». Dans son
intervention, l’expert en management souligne que «la construction du pays se
fait avec ses entreprises», et estime que «la décentralisation est nécessaire
parce que l’Algérie est une maison plurielle et complexe». Dans le même
registre, l’universitaire estime que, pour l’Algérie, «la décentralisation est
pour l’instant très mal comprise par l’élite et par la population». Dans ce
registre, l’expert formule cinq recommandations. Il est question, dit-il, de
«décentraliser ce qui est vraiment mieux gérer au niveau local, mettre des
règles claires de gouvernance, opter pour un choix méritocratique des
dirigeants, encourager une formation constante et garantir la participation de
la population à l’évaluation des dirigeants».