23 juin 2022 | il y a 4 ans

Taïeb Hafsi, expert international en management stratégique : «L’Algérie peut être un pays développé en 2040»

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Animant le colloque «Construire l’entreprise et construire le pays», organisé par l’établissement de formation «Ramray School», l’universitaire indique qu’à cette échéance, le pays atteindra «une production intérieure brute correspondant à 75% de la moyenne européenne en utilisant deux plates-formes de classe mondiale : l’énergie renouvelable et la logistique, avec des industries de bas de gamme technologique florissante, des industries de haut de gamme en forte croissance et avec une agriculture moderne qui satisfait 70% des besoins alimentaires de base du pays». Dans ce scénario, l’Algérie «jouera un plan de premier plan comme intermédiaire entre les économies européennes et africaines», et «sera un pays méritocratique mettant l’accent sur l’éducation et la santé du citoyen moyen, valorisant la liberté d’entreprendre et l’encouragement des initiatives économiques par les entreprises et les citoyens». Ce n’est pas tout. Le Pr Hafsi va plus loin dans son analyse : l’Algérie «sera un pays qui mettra l’accent sur la qualité de la vie, la protection du terroir et le bonheur du citoyen».
Au plan organisationnel, «l’économie, l’éducation et la santé seront décentralisées et sous la responsabilité des régions». Avec les ressources et l’ambition légitime, poursuit le conférencier, l’Algérie «arrivera en 2040 à devenir l’un des pays les plus influents de la Méditerranée au plan économique». Aux yeux du Pr Hafsi, l’ambition de l’Algérie «ne doit pas être de construire son marché, mais de conquérir les marchés environnants, dont européens». D’autre part, l’universitaire bifurque sur la question de la liberté d’entreprendre, et explique que «liberté n’est pas une position idéologique mais plutôt pragmatique, et sa réduction mènera inéluctablement à réduire la volonté de coopérer et, donc, détruire l’échelle collective», l’idéal étant de «trouver un équilibre entre la liberté et le contrôle». Face à des situations complexes, explique le Pr Hafsi, «il faut autoriser des acteurs à trouver des solutions à leur problème». Pour notamment la réussite de la relance en cette période post-Covid, l’universitaire recommande une «vision pragmatique suffisamment liée à la réalité» et en finir avec «le manque de coordination entre départements et les règles qui se contredisent». En d’autres termes, «reconstruire l’infrastructure institutionnelle et organisationnelle» et «construire un avantage concurrentiel durable». Le tout se fera en tenant compte «de la compétition entre les grandes puissances sur le plan politique et géopolitique, ainsi que la compétition économique entre les nations». Dans son intervention, l’expert en management souligne que «la construction du pays se fait avec ses entreprises», et estime que «la décentralisation est nécessaire parce que l’Algérie est une maison plurielle et complexe». Dans le même registre, l’universitaire estime que, pour l’Algérie, «la décentralisation est pour l’instant très mal comprise par l’élite et par la population». Dans ce registre, l’expert formule cinq recommandations. Il est question, dit-il, de «décentraliser ce qui est vraiment mieux gérer au niveau local, mettre des règles claires de gouvernance, opter pour un choix méritocratique des dirigeants, encourager une formation constante et garantir la participation de la population à l’évaluation des dirigeants».

23 juin 2022 | algeria-logo