19 avril 2022 | il y a 4 ans

Cultures stratégiques : Une manne inestimable

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Considérée comme alternative stratégique pour le développement de l’économie nationale hors hydrocarbures, l’agriculture est un secteur qui a enregistré d'importants succès ces dernières années, notamment en matière de disponibilité des produits agricoles. Néanmoins, de nombreux défis restent à relever.
Pour l'économiste El Houari Tigharsi, «l’enjeu est vital» puisqu’il s’agit d’abord, selon lui, d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Une sécurité «qui ne peut être obtenue que par la diversification de l'économie au vu des énormes potentiels dont dispose l'Algérie pour développer des cultures stratégiques, notamment dans le sud du pays».
Dans ce contexte, l’expert table sur des revenus pouvant atteindre 80 milliards de dollars si 4 millions d’hectares sont cultivés dans les années à venir.
En effet, comme il l’affirmera, «si 4 millions d'hectares sont cultivés et que le cadre d'investissements adéquats est assuré, l'Algérie réalisera des bénéfices estimés à 80 milliards de dollars au cours des prochaines années». Le blé dur, dont le prix dépasse les 600 euros la tonne sur les marchés internationaux, se trouve en tête de ces produits stratégiques à valoriser, suivi des produits laitiers et des légumes secs, selon lui. Tigharsi a également mis en avant le rôle pivot de l'économie de la connaissance pour donner un élan aux industries stratégiques, soulignant la nécessité d'une «profonde réforme du système éducatif, du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour construire un système économique hors hydrocarbures». Ceci, partant du constat que «les différents plans et programmes de mise à niveau de plusieurs secteurs permettant d’assurer une rente hors hydrocarbures, ont connu des échecs à cause de leur inefficacité dans le processus de mise en œuvre».
Très optimiste quant à la suite des événements, l'expert s'attend à ce que les prix du pétrole continuent d'augmenter au cours de la période à venir, en raison de la reprise de l'économie mondiale et du marché pétrolier après l'épidémie du Coronavirus, notant que «l'Algérie va être réellement à l’aise si un système de réforme en profondeur est établi, ce qui lui permettra de mettre les jalons d’une véritable économie» post-hydrocarbures. Dans cette perspective, l'expert a appelé les pouvoirs publics à «trouver des solutions et des mécanismes pour reconsidérer les coûts de production du pétrole» qu’il estime «très élevés», et «qui entraînent des pertes estimées à 3 milliards de dollars par an».

«Le secteur économique  algérien connaîtra bientôt  des réformes importantes»

L’économiste a tenu, dans ce contexte, à saluer les décisions prises par le Président de la République sur la nécessité de maîtriser le transfert de technologie haut de gamme dans le processus de production dans le secteur de l'énergie, «la formation d’une main-d’œuvre qualifiée locale est une démarche clairvoyante et intelligente», a-t-il affirmé. Tigharsi a tenu à mettre en avant également, «la réelle volonté politique de faire avancer les différents secteurs stratégiques», ce qui se traduit selon lui, «par les décisions des hautes autorités du pays de lever les obstacles sur plus de 900 projets d’investissements qui souffraient d'entraves bureaucratiques depuis des années».
Une situation qui promet, selon lui, des réformes importantes «que le secteur économique algérien connaîtra bientôt». Ces mesures vont être renforcées par la révision de certaines lois importantes telles que la loi sur l'investissement et la loi sur la réforme du secteur minier, en plus du code communal et de wilayas, et celui marchés publics, «dont les prochaines dispositions permettront à ces secteurs d’être plus performants» a-t-il indiqué.
Dans cette même optique, l’expert a souligné la nécessité d'activer le rôle des institutions statistiques en Algérie, en particulier l'Office national des statistiques, afin de fournir des statistiques et des données précises permettant d’établir des stratégies de gestion des stocks «efficaces», en limitant aussi «les importations inutiles qui alourdissent la facture alimentaire».
Il est également impératif selon lui, de «former des compétences en matière de prospections des marchés et de développer une stratégie commerciale qui permettra à l’Algérie de suivre l’évolution des prix sur les marchés mondiaux, de choisir ses partenaires commerciaux et de perfectionner ses capacités de négociations».

18 avril 2022 | algeria-logo