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Considérée comme alternative stratégique pour le développement de
l’économie nationale hors hydrocarbures, l’agriculture est un secteur qui a
enregistré d'importants succès ces dernières années, notamment en matière de
disponibilité des produits agricoles. Néanmoins, de nombreux défis restent à
relever.
Pour l'économiste El Houari Tigharsi, «l’enjeu est vital» puisqu’il s’agit
d’abord, selon lui, d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Une sécurité
«qui ne peut être obtenue que par la diversification de l'économie au vu des
énormes potentiels dont dispose l'Algérie pour développer des cultures
stratégiques, notamment dans le sud du pays».
Dans ce contexte, l’expert table sur des revenus pouvant atteindre 80 milliards
de dollars si 4 millions d’hectares sont cultivés dans les années à venir.
En effet, comme il l’affirmera, «si 4 millions d'hectares sont cultivés et que
le cadre d'investissements adéquats est assuré, l'Algérie réalisera des
bénéfices estimés à 80 milliards de dollars au cours des prochaines années». Le
blé dur, dont le prix dépasse les 600 euros la tonne sur les marchés internationaux,
se trouve en tête de ces produits stratégiques à valoriser, suivi des produits
laitiers et des légumes secs, selon lui. Tigharsi a également mis en avant le
rôle pivot de l'économie de la connaissance pour donner un élan aux industries
stratégiques, soulignant la nécessité d'une «profonde réforme du système
éducatif, du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche
scientifique pour construire un système économique hors hydrocarbures». Ceci,
partant du constat que «les différents plans et programmes de mise à niveau de
plusieurs secteurs permettant d’assurer une rente hors hydrocarbures, ont connu
des échecs à cause de leur inefficacité dans le processus de mise en œuvre».
Très optimiste quant à la suite des événements, l'expert s'attend à ce que les
prix du pétrole continuent d'augmenter au cours de la période à venir, en
raison de la reprise de l'économie mondiale et du marché pétrolier après
l'épidémie du Coronavirus, notant que «l'Algérie va être réellement à l’aise si
un système de réforme en profondeur est établi, ce qui lui permettra de mettre
les jalons d’une véritable économie» post-hydrocarbures. Dans cette
perspective, l'expert a appelé les pouvoirs publics à «trouver des solutions et
des mécanismes pour reconsidérer les coûts de production du pétrole» qu’il
estime «très élevés», et «qui entraînent des pertes estimées à 3 milliards
de dollars par an».
«Le secteur économique algérien connaîtra
bientôt des réformes importantes»
L’économiste a tenu, dans ce contexte, à saluer les décisions prises par le
Président de la République sur la nécessité de maîtriser le transfert de
technologie haut de gamme dans le processus de production dans le secteur de
l'énergie, «la formation d’une main-d’œuvre qualifiée locale est une démarche
clairvoyante et intelligente», a-t-il affirmé. Tigharsi a tenu à mettre en
avant également, «la réelle volonté politique de faire avancer les différents
secteurs stratégiques», ce qui se traduit selon lui, «par les décisions des
hautes autorités du pays de lever les obstacles sur plus de 900 projets
d’investissements qui souffraient d'entraves bureaucratiques depuis des
années».
Une situation qui promet, selon lui, des réformes importantes «que le secteur
économique algérien connaîtra bientôt». Ces mesures vont être renforcées par la
révision de certaines lois importantes telles que la loi sur l'investissement
et la loi sur la réforme du secteur minier, en plus du code communal et de
wilayas, et celui marchés publics, «dont les prochaines dispositions permettront
à ces secteurs d’être plus performants» a-t-il indiqué.
Dans cette même optique, l’expert a souligné la nécessité d'activer le rôle des
institutions statistiques en Algérie, en particulier l'Office national des
statistiques, afin de fournir des statistiques et des données précises
permettant d’établir des stratégies de gestion des stocks «efficaces», en
limitant aussi «les importations inutiles qui alourdissent la facture
alimentaire».
Il est également impératif selon lui, de «former des compétences en matière de
prospections des marchés et de développer une stratégie commerciale qui
permettra à l’Algérie de suivre l’évolution des prix sur les marchés mondiaux,
de choisir ses partenaires commerciaux et de perfectionner ses capacités de
négociations».