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Selon le directeur général du Green Energy Cluster Algeria, Boukhalfa Yaïssi, l’impact du programme solaire algérien pourrait permettre (si les objectifs sont pleinement atteints, soit le développement de 15 000 mégawatts), d’économiser entre 6 et 8 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Cette économie substantielle pourrait être réorientée vers l’exportation, renforçant ainsi la position de l’Algérie sur le marché énergétique international et sa capacité à tirer profit des dynamiques géopolitiques mondiales.
S’exprimant, jeudi dernier, sur les ondes de la Radio nationale, Boukhalfa Yaïssi a notamment souligné que la transition énergétique est d’autant plus importante que l’Algérie reste fortement dominée par les énergies fossiles qui représentent aujourd’hui près de 99% de la production énergétique nationale. L’objectif fixé est de porter la part des énergies renouvelables à environ 27% à l’horizon 2035. Pour y parvenir, les autorités misent sur un programme de développement du solaire d’une capacité de 15 000 mégawatts, avec un rythme d’installation estimé entre
1 500 et 2 000 mégawatts par an.
Le DG du Green Energy Cluster Algeria a également salué la décision, prise en septembre dernier, de distinguer le secteur des énergies renouvelables de celui des hydrocarbures, estimant qu’elle permet une meilleure structuration de la filière et une accélération de la transition énergétique.
Pour accompagner cette dynamique, des mesures ont été introduites dans la loi de finances 2026, afin d’encourager l’investissement privé dans les énergies renouvelables. Toutefois, leur mise en œuvre reste freinée par l’absence de textes d’application. «Les lois existent, mais elles doivent être mises en œuvre rapidement», a-t-il averti, soulignant que la concurrence internationale est forte et que les investisseurs peuvent se tourner vers des marchés plus réactifs.
Les projets en cours témoignent, néanmoins, de cette dynamique, avec la construction de 21 centrales solaires susceptibles de générer environ
12 000 emplois. Toutefois, près de
80% de ces emplois sont liés aux phases de construction, ce qui soulève la question de la pérennisation de l’activité et du développement d’une filière industrielle durable.
Un autre défi majeur concerne l’industrie locale. L’Algérie dispose d’une capacité de production de panneaux solaires estimée à environ 700 mégawatts, mais celle-ci reste insuffisamment exploitée. Plusieurs segments de la filière, comme le verre solaire ou les transformateurs de haute tension, ne sont pas encore développés, ce qui maintient une forte dépendance aux importations, notamment en provenance de Chine, d’Inde ou de Turquie.
Le développement du solaire pose également la question des infrastructures électriques. Le réseau actuel doit être modernisé, afin d’absorber les nouvelles capacités de production, souvent situées dans le sud du pays, alors que la consommation est concentrée dans le nord. Sans adaptation du réseau, certaines installations risquent de ne pas être pleinement exploitées. Dans ce cadre, une répartition des rôles est envisagée entre le secteur privé, chargé de la production, et Sonelgaz, qui serait appelée à renforcer un réseau électrique plus intelligent et plus performant.