1 août 2021 | il y a 4 ans

Relance de l’investissement : Exécutif et patronat sur la même longueur d’onde

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Si l’on se réfère à ce qu’a été présenté par le ministre de l’Industrie, il y va de constater que le gouvernement et opérateurs économiques sont sur la même longueur d’onde dans la mesure où plusieurs points sur lesquels insiste sans cesse le patronat sont évoqués. Il s’agira de la libération des initiatives, la débureaucratisation de l’administration, la disponibilité du foncier, la réforme bancaire, facilitations fiscales…  Gouvernement et patronat semblent parler d’un seul langage avec l’espoir de remettre la machine de production sur les rails. Le président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), le doyen du patronat, Mohamed-Saïd Naït-Abdelaziz, a souligné que c’est le résultat des concertations lancées il y a quelques mois. Il est fort bien de constater que les propositions du patronat ont été prises en compte. Cela ne suffit pas. Sans l’application sur le terrain, toute décision prise sera qu’un effet d’annonce. Naït-Abdelaziz insiste sur la préservation des PME-PMI qui, d’après lui, restent le levier de toute économie «et un maintien de vie territoriale». Du point de vue de l’économiste Brahim Guendouzi, l’Algérie est face à une course contre la montre et devra, illico presto, déployer des mesures draconiennes pour rattraper le temps perdu, dans l’objectif de tirer vers le haut le taux de croissance économique. «Dans un contexte de morosité économique et sociale, la relance de l’investissement est une priorité absolue afin de placer l’économie nationale dans une trajectoire de croissance. Les enjeux sont importants, comme par exemple la sauvegarde de l’outil de production et des emplois, l’accumulation des capacités productives pour ne plus compter sur l’importation, diversifier les exportations, assurer le développement technologique et favoriser l’innovation…», souligne-t-il. Face à ces enjeux, les pouvoirs publics, a-t-il dit, n’ont d’autres choix que de rendre l’acte d’investir le plus simple possible. C’est d’abord redonner la confiance aux investisseurs par un ensemble de mesures destinées à rendre le climat des affaires plus attractif. La question du financement de l’investissement doit être au centre des préoccupations, notamment par la reconfiguration de la place bancaire devant permettre une croissance du crédit bancaire et une plus grande inclusion bancaire susceptible d’attirer l’épargne disponible. L’expert a fait observer également que «l’action gouvernementale est attendue particulièrement  sur ce terrain pour assurer une meilleure visibilité aux investisseurs afin qu’ils puissent apprécier les risques encourus et les rentabilités espérées». Par ailleurs, il est primordial à l’heure actuelle de promouvoir l’investissement direct étranger dont l’Algérie a tant besoin, car déterminant en matière de savoir-faire et de développement technologique, en plus du financement en devises».


Booster les exportations


Avec les ambitions d’intégrer en grande pompe le marché africain, l’Algérie n’a pas d’autre choix que de renforcer ses investissements et diversifier son économie. Toutes les actions seront les bienvenues. C’est dans ce cadre, d’ailleurs, qu’il a été créé une maison «africaine de l’exportation». «La Zone de libre-échange continentale africaine, étant devenue une réalité depuis janvier 2021, il est clair que toute initiative favorisant le rapprochement des entreprises algériennes avec des opérateurs économiques des différents pays africains est la bienvenue. Aussi, le projet de «maison africaine» pourra contribuer à promouvoir les produits algériens, d’une part, et à faciliter la prospection de nouveaux marchés, d’autre part», a souligné l’économiste Brahim Guendouzi, avant de conclure : «Il faut reconnaître que les entreprises algériennes n’ont pas une connaissance fine des spécificités des marchés africains en termes d’organisation, de réglementation, d’opportunités et de risques, etc. D’où la nécessité d’une nouvelle approche des marchés africains, afin de pouvoir cerner les handicaps existants. D’autres actions doivent être également initiées par des organisations professionnelles ainsi que par des établissements d’accompagnement des exportations, pour une plus grande agressivité sur les marchés africains, car la concurrence est rude.»


Wassila Ould Hamouda

1 août 2021 | algeria-logo