9 mars 2025 | il y a 1 an

Projet de création d’un pôle dédié à la production de fournitures scolaires

Un projet stratégique à forte portée économique et sociale verra le jour avec la création d’un pôle industriel spécialisé dans la production de fournitures scolaires.

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Cette initiative a été présentée, ce jeudi, par le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, qui a mis en avant les enjeux de ce projet, lors d’une journée d’information réunissant acteurs économiques et partenaires institutionnels.


Réduire la facture d’importation de 80 millions de dollars annuellement

En présence du ministre du commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Mohamed Boukhari, du  conseiller à la présidence, Kamel Rezig, du wali de Bordj Bou Arreridj, du président du  conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, et de nombreux opérateurs (fabriquant et importateurs) de fournitures scolaires, Rekkache a fait savoir que l’Algérie importe chaque année entre 70 et 80 millions de dollars de fournitures scolaires. Ce projet permettra, insiste t-il, « d’atteindre l’autosuffisance dans un secteur essentiel qui concerne chaque foyer algérien, tout en poursuivant les efforts entamés par le ministère du Commerce pour convertir les importateurs en producteurs ». Avec un marché potentiel de 13,5 millions d’élèves et d’étudiants, ainsi qu’une demande accrue dans les administrations publiques et privées, ce pôle industriel  prévu dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj , représente une véritable opportunité d’investissement.


Selon le dernier bilan présenté lors de cette rencontre organisée à la SAFEX, l’AAPI a d’ores et déjà enregistré 80 intentions de projets dans cette filière, représentant un investissement global de 8,57 milliards de dinars et une demande foncière de 38,2 hectares. Ces projets devraient permettre la création de 8 831 emplois directs. Rekkache a ,lors de  son intervention, exhorté l’ensemble des partenaires économiques à s’impliquer activement dans ce projet et à apporter leurs contributions pour garantir son succès. « Nous avons aujourd’hui une occasion unique de consolider notre souveraineté industrielle dans un secteur stratégique et de créer un environnement propice aux investissements. Ce rendez-vous doit être un espace d’échange fructueux, débouchant sur des actions concrètes », a-t-il affirmé. Selon lui, ce projet qui s’étendra sur une superficie de 8 hectares permettra, d’établir un tissu industriel intégré capable de couvrir les besoins du marché national et d’ouvrir des perspectives à l’exportation.  Il précisera que la priorité sera donné à la production des produits qui ne sont pas fabriqués localement dans l’optique de substituer progressivement les importations.


Atteindre l’autosuffisance

Rekkache a fait observer que le projet vise également à stimuler l’activité des PME en les intégrant dans la chaîne de production, que ce soit à travers la fabrication des matières premières, la distribution ou la commercialisation des produits. « Cette initiative générera une dynamique économique forte et favorisera le transfert de technologies, le développement des capacités industrielles nationales et l’amélioration de la compétitivité de notre économie », a affirmé t’il . Au-delà de l’aspect industriel, ce projet contribuera à garantir un approvisionnement stable du marché local, avec des fournitures scolaires accessibles à des prix abordables, soutenant ainsi le pouvoir d’achat des ménages, a-t-il ajouté tout en mettant l’accent sur la qualité des produits qui devront être selon lui en conformité avec les normes internationales.  Poursuivant son discours, Rekkache a révélé que ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant la création d’autres pôles industriels spécialisés. « Nous travaillons en étroite coordination avec le CREA pour le lancement d’autres pôles, notamment un pôle de l’industrie du cuir et de la chaussure à Médéa, un pôle du textile et de l’habillement à Relizane, ainsi qu’un pôle dédié à la fabrication de pièces de rechange et à la sous-traitance à Oran ».


Le wali de Bordj Bou Arreridj, Kamal Nouicer, a profité de cette rencontre pour mettre en avant les atouts  géographique et logistique de la région, en exhortant les investisseurs à y développer leurs projets. Il a assuré que le site situé dans la zone industrielle « Rmail »,  destiné au pôle est entièrement viabilisé, connecté aux réseaux routiers et stratégiquement situé pour faciliter la distribution des produits à travers le pays. De son côté, le président du CREA, Kamel Moula, a réaffirmé l’intérêt des investisseurs pour ce secteur, précisant que la forte demande en fournitures scolaires à chaque rentrée scolaire offre une réelle opportunité pour le développement industriel. Il a insisté sur le fait que ce pôle industriel ne vise pas à centraliser la production au détriment des autres régions, mais plutôt à structurer et renforcer la filière sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, la mise en production de ce pôle devrait se concrétiser d’ici deux ans, avec un objectif d’atteindre l’autosuffisance à l’horizon trois ans.  Moula a également fait de la création au alentour du pôle un centre de formation afin d’avoir une main d’œuvre qualifiée.  Une représentante du secteur de la Solidarité nationale a saisi cette opportunité appelant  les investisseurs à intégrer les besoins des personnes en situation de handicap dans leurs projets, afin de garantir une accessibilité équitable aux fournitures scolaires pour tous les élèves.


Un marché en plein expansion

Le marché des fournitures scolaires est en forte croissance, soutenu par l’augmentation du nombre d’élèves  avec  450 000 nouveaux inscrits chaque année et par la nécessité de structurer un écosystème industriel autour de cette filière. En 2022, les achats d’articles scolaires en Algérie ont atteint 46 milliards de dinars, soit le double de 2011, témoignant de l’opportunité d’investissement que représente ce secteur. Les importations en 2023 se sont élevées à 3,77 milliards de dinars, avec une forte concentration des importations en provenance de la Chine (45 %), suivie de Malte (14,2 %), de l’Espagne (11,3 %), de l’Inde (7,9 %), de la France (5,7 %), de l’Allemagne (3,8 %) et de la Grèce (3,1 %)… Malgré l’existence d’un tissu industriel composé de 896 entreprises réparties sur 47 wilayas, l’Algérie demeure fortement dépendante des importations pour répondre à la demande nationale.


D’où l’impératif de développer localement la fabrication de fourniture scolaire, a expliqué le directeur au niveau de l’AAPI,  Hamadi Abderrezak. Il a fait savoir que dans le cadre de ce projet, en moyenne, un projet d’investissement dédié à la production et la fabrication d’articles scolaires est prévu pour un montant de 107,1 millions de DA avec une capacité de création de 73 emplois direct sur une superficie de 4771m2. « C’est un marché en pleine expansion, porté par la croissance démographique et les politique de soutien à l’éducation,  disponibilité de foncier industriel et de dispositifs  d’accompagnement à l’investissement , une diversité de produits couvrant plusieurs segments  ( article d’écriture, cahiers , papier , cartables…),  potentiel d’exportation vers des marchés régionaux notamment africains », a-t-il expliqué.



9 mars 2025 | algeria-logo