16 septembre 2025 | il y a 8 mois

PLF 2026, projets de code communal et de wilaya… De grands dossiers au Parlement

La nouvelle session parlementaire ordinaire 2025-2026, avec ses deux chambres (APN et Conseil de la Nation), s’est ouverte hier à Alger, en présence des membres du gouvernement, conduits par le nouveau Premier ministre Sifi Ghrieb. En effet, l’ordre du jour de cette session sera riche et varié. Elle abordera de nombreux sujets variés, touchant à différents secteurs de la vie économique et socioéconomique de la société algérienne.

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Les parlementaires et sénateurs s’attaqueront donc aux grands dossiers de la gouvernance locale et des finances publiques. Au premier rang des priorités figure l’examen du projet de loi de finances pour 2026, ce dernier étant qualifié d’instrument financier essentiel pour la mise en œuvre des programmes économiques.


Dans son discours, le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, a indiqué que ce texte devra définir les équilibres budgétaires de l’État pour l’exercice 2026 et fixer les moyens alloués aux politiques publiques.


L’élaboration de la nouvelle loi de finances sera le premier test pour le nouveau gouvernement. Des experts affirment que des efforts doivent être consentis afin de trouver des solutions urgentes pour l’équilibre budgétaire de l’État, d’autant que le défi de la dette publique ne cesse de se creuser.


Si son seuil est toujours inférieur à l’indice de référence des marchés émergents, situé entre 60 % et 70 %, la dette publique est en augmentation continue, passant de 49,2 % fin 2023 à près de 50,39 % d’ici fin 2025. Pour 2026, le gouvernement devrait opter pour une politique rigoureuse en matière de gestion des dépenses, afin de limiter la progression inquiétante de la dette publique, qui risque d’influer négativement sur la croissance globale de l’économie nationale.


La perturbation des marchés mondiaux des hydrocarbures (pétrole et gaz) et l’instabilité des prix, ayant connu une chute durant les premiers mois de 2025, sont deux paramètres à prendre au sérieux par l’Exécutif dans l’élaboration de l’avant-projet de loi de finances 2026.


Selon la loi de finances 2025, le nouveau PLF 2026 sera établi sur la base d’un prix de référence du pétrole brut à 60 dollars/baril sur la période 2025-2027, alors que le prix du marché du baril est maintenu à 70 dollars sur la même période.


Actuellement, les prix du pétrole varient entre 65 et 70 dollars le baril et, avec l’augmentation prévisible de la production de l’Algérie en hydrocarbures, conformément aux décisions de l’OPEP+, les recettes du pays seront renforcées, confortant ainsi la solidité financière du pays.


Dans une note adressée aux ordonnateurs publics par la Direction générale du budget au ministère des Finances, en prévision de la préparation de l’avant-projet de loi de finances 2026 (APLF 2026), le ministre des Finances a fixé les grandes lignes de la nouvelle loi, avec comme mot d’ordre essentiel de veiller à optimiser l’efficacité et la discipline budgétaire.


D’ailleurs, le plafond des dépenses est fixé à 17 948,64 milliards de dinars, et des orientations rigoureuses visent à accroître la mobilisation de ressources publiques et à assurer une meilleure maîtrise des dépenses de l’État, en tenant compte des priorités économiques et sociales du pays.


En clair, le gouvernement est appelé à trouver les meilleures solutions pour l’équilibre budgétaire du pays et à poursuivre la dynamique du développement socioéconomique, d’autant que les orientations du chef de l’État sont claires : pas d’austérité en Algérie et l’économie parallèle doit disparaître.


Un énorme travail reste encore à consentir dans ce sens par l’Exécutif, en renforçant le travail de sensibilisation et l’assouplissement des procédures fiscales pour l’intégration de l’informel dans l’économie nationale. Des mesures sont déjà prises à travers l’adoption du statut d’auto-entrepreneur, le commerce du cabas et autres.


Des textes législatifs majeurs à examiner

Outre d’autres projets de loi importants, l’ordre du jour de la session parlementaire 2025-2026 comprendra des textes législatifs majeurs, notamment les projets de loi relatifs à la commune et à la wilaya.


Il convient de rappeler que les avant-projets de ces textes ont bénéficié, ces derniers mois, conformément aux orientations stratégiques élevées et à la volonté personnelle du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, indique le président du Conseil de la Nation, d’un ensemble d’amendements, d’enrichissements et d’améliorations, menés tant au niveau du Parlement que des partis politiques.


«L’objectif est, dans une approche participative, de parvenir à un cadre législatif durable et rigoureusement élaboré, répondant aux aspirations des citoyens et des élus locaux, tout en prenant en considération les évolutions sociales, en accompagnant la modernisation et en rehaussant, par ce biais, les performances et les rôles des collectivités locales», a-t-il souligné.


Le président de la Chambre haute a invité les membres du Conseil à contribuer activement aux grands chantiers du dialogue politique et social national, annoncés par le chef de l’État lors de son investiture pour un second mandat. Il a également annoncé le lancement de missions d’information dans les wilayas, destinées à constater sur place l’état du développement local et à identifier les obstacles qui freinent les projets.


En parallèle, le Conseil poursuivra ses activités de contrôle de l’action gouvernementale, à travers des séances de questions orales et des auditions de ministres. Il continuera aussi d’organiser des journées d’étude et des conférences sur des thématiques économiques, sociales et mémorielles.


Sur le plan extérieur, la Chambre haute entend renforcer son rôle en matière de diplomatie parlementaire, en portant la voix de l’Algérie dans les forums régionaux et internationaux, notamment sur les questions palestinienne et sahraouie.


Parachever les réformes initiées par le Président Tebboune

Pour sa part, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, a dressé un bilan positif du mandat législatif en cours, tout en appelant les députés à redoubler d’efforts pour parachever les réformes initiées par le président de la République.


Il a rappelé que la neuvième législature avait adopté un ensemble de lois majeures touchant à la gouvernance, à l’économie, à l’éducation et au cadre social. « Nous avons travaillé pour diversifier les ressources du pays, améliorer les conditions de vie des citoyens et renforcer l’État de droit », a-t-il affirmé, insistant sur la modernisation de l’action parlementaire, notamment via la numérisation des procédures.


Sur le plan du contrôle, M. Boughali a mis en exergue la rigueur des questions adressées au gouvernement et l’importance des auditions publiques, qui témoignent du souci de transparence et de reddition des comptes. Il a également souligné que les divergences politiques n’avaient pas entravé l’adoption de solutions constructives, preuve de la maturité démocratique de l’institution.


Le président de l’APN a replacé cette rentrée dans un contexte national marqué par des réussites économiques et diplomatiques, à l’image du succès de la Foire du commerce intra-africain et des premiers Jeux scolaires africains organisés à Alger. Il a salué la vision portée par l’Algérie pour le développement du continent et l’intégration des jeunes dans les projets de modernisation.


En conclusion, il a appelé les députés à «demeurer à l’avant-garde des forces de changement» et à continuer de soutenir les programmes de transformation économique et sociale, afin de «faire de l’Algérie une économie émergente au service du bien-être de ses citoyens».

17 septembre 2025 | algeria-logo