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Ils étaient nombreux, opérateurs économiques et experts en finance, lors de la rencontre organisée par le Conseil national économique, social et environnemental sous le thème «financement de l’économie : la mobilisation des capitaux privés pour les investissements utiles», à plaider pour la mise en place de mécanismes permettant de diversifier les ressources financières, outre le financement classique. Justement, la question qui s’est posée et sur laquelle se sont attardés les intervenants est comment passer du budget de l’Etat au marché financier ? La situation financière sans précédent du pays l’impose et le gouvernement et le privé sont appelés à conjuguer leurs efforts afin de sortir de la crise. Le Pr Rédha Tir, président du Cnse, a souligné qu’il est impératif de préparer la post-Covid et de s’impliquer tous ensemble dans cette politique de relance de l’économie, à laquelle aspire le gouvernement. Le rôle du secteur privé est crucial, a-t-il dit, mettant en avant l’impératif de mobiliser l’épargne privée pour des investissements utiles. «L’effort de la relance économique doit être soutenu par une mobilisation accrue des capitaux privés afin que l’investissement privé prenne toute sa place dans la réalité économique, en s’appuyant sur de nouvelles ambitions dans l’entrepreneuriat responsable qui contribue efficacement à la création de richesse, en faisant appel à ses ressources propres», a-t-il souligné dans son allocution en présence du patronat privé. Rédha Tir a rappelé que le président de la République a, lors de la réunion tenue en janvier dernier, incité le privé à investir dans des créneaux dynamiques créateurs de richesse et de valeur ajoutée, citant, entre autres, l’aéronautique, le transport maritime, l’industrie pharmaceutique et le secteur banquier. «Vous êtes appelés à vous inscrire dans cette dynamique, d’investir des créneaux créateurs de richesse, économiser à l’Algérie des devises et pourquoi pas acheter des entreprises à l’international comme celles du lait en Europe. Il faut changer de mentalité. Le gouvernement s’attelle à régler les problèmes et à apporter les solutions adéquates pour une relance efficace de l’économie nationale», a-t-il déclaré, tout en insistant sur l’apport du privé à la relance de l’économie. Les entreprises privées devront prendre des risques.
Selon Rédha Tir, cette rencontre a pour objectif de mener une réflexion et de proposer au gouvernement une feuille de route en vue de mettre en place une stratégie financière adaptée afin de mobiliser les capitaux privés devant financer les grands projets, ce qui va en droit ligne de la volonté des autorités à renforcer la participation du secteur privé à la dynamisation de l’économie nationale. Les opérateurs n’ont affiché aucun inconvénient. Cependant, ils ont mis en exergue l’impératif de libérer les initiatives et de développer le marché financier. Le professeur Naceur Bourenane a souligné que si l’Algérie compte vraiment drainer des investissements directs étrangers (IDE), elle doit d’abord développer l’investissement domestique par la mobilisation du capital privé national et en impliquant la diaspora algérienne. C’est ce qui nous permettra d’aller vers des marchés émergents, a-t-il dit. Le professeur Belmihoub soutient, lui aussi, à développer l’épargne privée et diminuer, en revanche, la demande exagérée de crédits bancaires publics. Avec le manque de liquidité, l’achat des obligataires proposé comme substitution à l’endettement bancaire s’avère en fin de compte inefficace. Issad Rebrab, PDG du groupe Cevital, a souhaité la réinstauration du crédit acheteur auprès des fournisseurs, une option interdite par la loi actuellement. «Cela permet aux entreprises d’aller vers des taux d’intérêt négatif» au lieu de solliciter la devise nationale qui est en déclin, a-t-il argumenté. Le foncier public constitue un gisement crucial et une ressource financière indéniable. Le développement du marché hypothécaire, de la bourse et la réforme bancaire est plus que recommandé, tout comme d’ailleurs de mettre fin à l’immobilisme de l’administration qui freine tout investissement.