16 avril 2026 | il y a 1 mois

Les drones au service des agriculteurs

Les drones sont au service des agriculteurs. Les nouvelles technologies gagnent de plus en plus de terrain dans l’agriculture, un secteur longtemps perçu comme traditionnel, voire immuable.

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Grâce à l’émergence des start-up et à l’innovation numérique, le monde agricole se redéploie progressivement, ouvrant la voie à une nouvelle ère où la donnée, la précision et l’intelligence artificielle deviennent aussi importantes que la terre elle-même.

Moderniser l’agriculture à travers les technologies numériques

Dans ce contexte, deux exemples concrets illustrent cette mutation: les solutions numériques développées par des start-up innovantes et l’utilisation des drones dans l’agriculture de précision. Parmi les acteurs de cette transformation, la start-up Nabatic fait figure de pionnière. Son directeur technique, Ahmed Romita, revient sur le parcours et les ambitions de son entreprise fondée en 2002, avec une mission claire: moderniser l’agriculture à travers les technologies numériques.

«Nous avons développé plusieurs solutions, dont une application appelée Agriculteurs avec comme objectif d’apporter une assistance rapide, accessible et surtout efficace, même dans les zones les plus isolées», souligne-t-il. Ainsi il suffit de prendre une photo du problème rencontré par l’agriculteur pour obtenir une réponse instantanée en ligne. L’application intègre également un système avancé de recherche et de localisation en plus d’une liste de produits phytosanitaires avec un moteur de recherche intelligent, mais aussi la géolocalisation des points de vente, par exemple des produits phytosanitaires. Ainsi si un produit n’est pas disponible chez un fournisseur, l’application permet de trouver un autre point de vente et de tracer facilement l’itinéraire pour s’y rendre, explique Romita.

Une agriculture connectée et réactive

Dans ce sillage, la start-up a développé un logiciel de gestion des intrants agricoles, connecté à l’application facilitant la communication entre agriculteurs et distributeurs. «Les vendeurs peuvent s’approvisionner en temps réel en recevant des alertes sanitaires, ce qui leur permet d’agir de manière préventive avant la propagation des maladies», explique le responsable. Cette logique de prévention marque un tournant important: il ne s’agit plus seulement de réagir aux problèmes, mais de les anticiper grâce à l’information en temps réel. Pour ce faire, Nabatic a signé une convention avec l’Institut national de la protection des végétaux qui facilite le déploiement de l’application dans 17 stations régionales.

L’un des objectifs majeurs de cette innovation est aussi d’alléger le travail des ingénieurs sur le terrain. Selon lui, la technologie permet d’optimiser le temps et les ressources humaines. Même si le changement n’a pas été immédiat, l’adoption progresse. «Au début, l’acceptation de la technologie par les agriculteurs n’était pas évidente mais la dynamique est désormais enclenchée grâce à la formation et à l’accompagnement», explique-t-il.

Une autre révolution est en marche: celle des drones agricoles. À Adrar, une initiative portée par une entreprise, DOES Company, issue d’une collaboration entre une start-up et le ministère de l’Enseignement supérieur, illustre cette évolution. Son directeur, Adel Belaourous explique: «Nous proposons des drones de transport et de largage, ainsi que des drones de pulvérisation. Le poids de nos drones varie entre 6 et 110 kilogrammes, selon les besoins». L’innovation réside dans l’agriculture de précision. Les drones permettent d’observer, analyser et intervenir avec une grande exactitude. Ainsi les engins cartographiques survolent les terrains et collectent des données précises. Ces données sont ensuite transformées en cartes agricoles détaillées, permettant une meilleure prise de décision.

L’agriculture entre dans une phase de transformation structurelle

Sur cette base, les drones interviennent directement. «Nos drones peuvent transporter entre 20 et 65 litres de produits pulvérisables», note Belaourous. L’objectif est de réduire le gaspillage et cibler uniquement les zones concernées. Cette technologie ne se limite pas à la pulvérisation. «Nous travaillons également sur la fertilisation et le suivi des cultures dans différentes zones, y compris dans le sud du pays», ajoute-t-il. L’expérience accumulée sur le terrain a permis d’élargir le champ d’action de l’entreprise, présente dans plusieurs wilayas: Aïn Témouchent, Sidi Bel Abbès, Oran, Mascara, Saïda, Constantine, El-Tarf et Adrar.

En misant sur l’innovation, les start-up et les technologies de pointe, l’agriculture entre dans une phase de transformation structurelle. «Notre objectif est d’apporter des solutions concrètes aux agriculteurs grâce aux technologies modernes», insiste Belaourous.

14 avril 2026 | algeria-logo