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Le ministre de l’Agriculture Yacine El‑Mahdi Oualid a présidé à Alger une réunion élargie consacrée au suivi de la campagne céréalière 2025‑2026, indique un communiqué du ministère. L’événement a été marqué par une annonce structurante : l’extension du mécanisme de « crédit fournisseur » aux produits phytosanitaires, ajoute la même source.
Déjà appliqué à l’acquisition des semences et des engrais depuis le début de la saison, ce dispositif permet désormais aux agriculteurs, en particulier ceux aux ressources limitées, d’accéder aux intrants indispensables à la protection de leurs cultures sans débourser un centime avant la vente de leur récolte.
L’enjeu est considérable. Selon les données présentées par le ministre, les maladies phytosanitaires sont susceptibles de détruire jusqu’à 40 % des récoltes céréalières chaque année en l’absence d’un traitement efficace et opportun.
En levant la contrainte financière pour les exploitants les plus vulnérables, ce crédit vise à rendre la protection des cultures universellement accessible, transformant ainsi un levier agronomique en levier social autant qu’économique.
Des milliers d’agriculteurs ont déjà pu semer dans les délais grâce à la première tranche du dispositif, appliquée aux semences dès le début de la campagne.
Au‑delà du financement, c’est toute une approche nouvelle que défend le ministre, souligne le communiqué : un suivi scientifique rigoureux, un respect scrupuleux du calendrier technique, notamment pour la fertilisation et les traitements, et une évaluation continue sur le terrain.
Pour accompagner les producteurs à chaque stade de croissance, des cellules post‑semis ont été déployées dans les wilayas productrices, offrant des conseils pratiques sur l’utilisation optimale des produits phytosanitaires et les bonnes pratiques de pulvérisation.
Parallèlement, 368 journées d’orientation ont été organisées entre février et mars, touchant plus de 3 800 agriculteurs.
La saison bénéficie également d’une dotation supplémentaire de 50 % en engrais azotés, signe tangible de la densification productive attendue et, fait inédit, du recours aux drones pour surveiller les cultures et cartographier les opérations de fertilisation.
Le ministère annonce déjà vouloir étendre l’usage de ces appareils au traitement phytosanitaire, une avancée qui permettrait de réduire les quantités de produits chimiques utilisés tout en améliorant le ciblage des zones affectées.
La réunion a en outre couvert les préparatifs de la campagne moisson‑battage, avec des instructions fermes pour renforcer la logistique, augmenter les capacités de stockage et accélérer le renouvellement du parc national de matériel agricole, conformément au programme de mécanisation voulu par le président Tebboune, ajoute la même source.
Souveraineté alimentaire : l’Algérie investit du nord au sud
Ces mesures en faveur de la filière céréalière s’inscrivent dans un mouvement plus large de transformation du secteur agricole algérien, dont un second pilier essentiel se joue dans le Grand Sud.
Le même jour, le ministre de l’Énergie Mourad Adjal a reçu son homologue de l’Agriculture pour examiner l’état d’avancement du raccordement en électricité et en gaz de plusieurs méga‑projets agricoles sahariens, en application des directives présidentielles, souligne un communiqué du ministère des énergies et des engreis renouvelable.
Trois investissements stratégiques sont au cœur de cette démarche : le projet « Baladna » pour la production de lait en poudre, «Cevital » pour la filière betterave sucrière et le projet du groupe italien BF dédié à la production de céréales.
Ces projets incarnent la vision d’une agriculture industrielle dans les régions arides, susceptible de produire des volumes considérables de denrées alimentaires stratégiques jusqu’ici largement importées.
La présence du directeur général par intérim de Sonelgaz lors de cette réunion souligne l’ampleur des chantiers d’infrastructure énergétique que nécessitent de tels investissements en zone désertique.
Selon la même source, les deux ministres ont partagé des exposés techniques détaillés sur l’avancement des travaux et échangé des propositions pour accélérer les délais d’exécution.
L’objectif est clair : « garantir que les projets agricoles du Sud soient opérationnels dans les meilleurs délais », afin que leur contribution à la sécurité alimentaire nationale devienne effective.
Pris ensemble, ces deux tableaux – l’un dans les plaines du nord où se joue la campagne des blés, l’autre dans les étendues sahariennes où s’édifient les fermes du futur – dessinent les contours d’une politique agricole nationale cohérente et ambitieuse.
En combinant inclusion financière des petits producteurs, modernisation technologique des pratiques culturales et développement de grandes exploitations agro‑industrielles, l’Algérie cherche à réduire durablement sa dépendance aux importations alimentaires et à construire les fondations d’une véritable souveraineté alimentaire.