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L’économie algérienne peut désormais envisager de meilleures perspectives. Si la Banque Mondiale (BM) en dresse un bilan positif et prévoit, dans son dernier rapport de suivi de la situation économique en Algérie, une accélération de sa croissance en 2025, elle fait surtout état d’un important potentiel de croissance des exportations hors hydrocarbures.
Les atouts de l’Algérie
Après une longue période de vaches maigres, les exportations de produits hors hydrocarbures ont sensiblement progressé pour atteindre 1,8% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2023 alors qu’elles étaient à 0,7% en 2017. En effet, le meilleur est à venir si le tout le potentiel de l’économie nationale est bien exploité. C’est la Banque Mondiale qui le dit.
Selon cette institution financière internationale «si l’on considère l’indicateur d’ouverture aux exportations non pétrolières- mesuré par la différence entre les exportations effectives et le potentiel anticipé sur la base d’un ensemble de variables explicatives telles que la taille de son économie, les marchés d’exportation, la participation à des accords de libre-échange, ou la présence d’une langue ou d’une frontière commune, l’Algérie a le potentiel de progression le plus important dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord» (MENA).
L’économie nationale a d’énormes atouts. «La proximité du marché de l’Union européenne constitue un avantage comparatif naturel à exploiter, renforcé par l’existence d’un accord de libre-échange entre l’Algérie et l’UE», indique la Banque Mondiale qui considère, dans son dernier rapport que «l’élargissement du panier de produits exportés, de leur complexité et de l’éventail des marchés d’exportation sont une priorité». L’institution de Bretton Woods qui cite l’Indice de complexité économique pense que malgré leur diversification ces dernières années, les exportations hors hydrocarbures, les engrais azotés, l’ammoniac, les produits sidérurgiques, l’hydrogène, le ciment, le phosphate, le sucre et les dattes, restent limités.
«La baisse de l’inflation a également été soutenue par la production agricole»
Pour la Banque Mondiale, les gains de productivités, notamment, dans les secteurs à fort potentiel d’exportation, seront essentiels à la compétitivité algérienne et à la croissance soutenue de ses exportations. Bien consciente des efforts à fournir pour bien s’installer sur la voie de la croissance, l’Algérie est résolument engagée dans la construction d’une économique totalement affranchie des revenus provenant des hydrocarbures. La loi de finances 2025 qui a dégagé le plus grand budget de l’Histoire du pays accorde une part importante au financement des investissements qui sont à même de dynamiser la machine de production nationale. Mais faut-il bien l’admettre, l’économie nationale a pu franchir sans trop de casses les zones de turbulences de ces dernières années.
Beaucoup de pays, certains d’entre eux comptent parmi les plus développés, espéreraient bien atteindre les scores qu’elle a réalisés. L’économie algérienne a connu une accélération de la croissance de son PIB à 4,1% en 2023, même si celui-ci a ralenti légèrement au premier semestre 2024 (+3,9% en glissement annuel). Aussi, faire refluer l’inflation qui avait atteint 9,3% en 2022 et 2023, à 4,3% en glissement annuel sur les neuf premiers mois de 2024, ce n’est pas rien.
«Le gouvernement a pu trouver les parades nécessaires pour stabiliser les prix des produits agricoles frais à partir du S2-2023, après une forte hausse». Selon la Banque Mondiale, «la baisse de l’inflation a également été soutenue par la production agricole résiliente, et la levée des restrictions à l’importation de viande». Pas seulement, la Banque d’Algérie a interrompu quatorze années de dépréciation du dinar à la mi-2022 pour établir un taux de change stable».
«Les indicateurs sont au vert»
L’économie algérienne est, sans conteste, revenue de loin. La BM rappelle que le 1e déficit budgétaire a été enregistré après la chute des prix du pétrole pendant la récession de 2009,avant de se creuser après l’effondrement des prix du pétrole en2014–2015.
«Les fonds accumulés dans le Fonds de régulation des recettes ont été presque épuisés en 2017,avec une forte augmentation de la dette publique dans le cadre du programme de financement monétaire de 2017–2019, représentant 32% du PIB de 2019», note encore l’institution de Bretton Woods en soulignant cependant que lors du programme spécial de refinancement de 2021–2022. En 2022, les niveaux de la dette publique ont diminué pour la première fois en 10 ans alors que les prix du pétrole et du gaz ont augmenté et que le déficit budgétaire s’est considérablement réduit.
L’économie nationale a été capable de faire face aux vents contraires, et la grave crise sanitaire du Covid 19. C’est cette résilience qui a fait dire au représentant résident de la Banque Mondiale en Algérie, Kamal Braham, que «les indicateurs sont au vert et le gouvernement est en train de mettre en place des politiques, pour réduire la dépendance aux hydrocarbures, et diversifier encore plus les exportations hors hydrocarbures». Le rapport présenté hier lors d’une conférence de presse organisée à Alger, «confirme, selon lui, la solidité de la croissance de l’économie algérienne ces trois dernières années».