28 mars 2026 | il y a 1 mois

Investissement dans les hydrocarbures en Algérie : L’Italie veut mettre le paquet

L’Algérie consolide sa place de fournisseur énergétique fiable pour l’Italie et l’Europe. Le déplacement de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, à Alger mercredi dernier, a été l’occasion d’évoquer la coopération entre les deux pays, déjà au beau fixe, et de faire de nouvelles annonces, notamment du côté italien.

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En effet, l’Italie, qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en gaz, notamment en réduisant sa dépendance vis-à-vis de la Russie et en se prémunissant contre les perturbations au Moyen-Orient, dans le sillage de la guerre menée contre l’Iran par l’entité sioniste et les États-Unis, a décidé de miser davantage sur l’Algérie.



De « gros » investissements seront donc lancés à l’avenir par les deux géants pétro-gaziers, l’Italien Eni et Sonatrach, en explorant de nouveaux gisements au large de la mer Méditerranée (côté algérien), offshore, et le gaz non conventionnel (gaz de schiste).


«Nous avons décidé de renforcer notre coopération déjà très solide à travers nos champions nationaux, les compagnies italienne Eni et algérienne Sonatrach, en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste ou l’exploration offshore», avait annoncé Mme Meloni dans une déclaration conjointe à la presse, après un entretien avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.


Une annonce qui témoigne de la volonté de Rome d’intensifier sa coopération énergétique avec Alger, en augmentant ses investissements dans ce secteur stratégique en Algérie, tout en garantissant un transfert technologique dans ce domaine des énergies non conventionnelles (offshore et gaz de schiste).


Ce nouveau plan permettra de « renforcer le flux de fourniture de gaz de l’Algérie à l’Italie », a ajouté la cheffe du gouvernement, dont le pays est tributaire de l’Algérie à plus de 30 % pour sa consommation de gaz naturel.


Ce gaz naturel est acheminé pour l’essentiel via un gazoduc appelé Transmed, qui fonctionne déjà à pleine capacité, selon des experts contactés par l’AFP, et sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par des méthaniers.


Les potentialités de l’Algérie sont énormes, nécessitant des moyens techniques ultramodernes afin de préserver l’environnement, auquel la législation algérienne accorde une grande importance.


Relever le défi

Un défi que le géant italien « Eni » s’apprête à relever avec la compagnie nationale « Sonatrach », qui s’est montrée toujours favorable à l’augmentation des flux de gaz vers l’Europe en général. Une seule condition est exigée par l’Algérie, à savoir venir investir dans le domaine minier pétrolier, d’autant que 60 % du territoire national n’est pas encore exploré, soit plus de 1,5 million de km².


Actuellement, le pays, à travers Sonatrach et Alnaft, travaille sur la confirmation des réserves exploitables avant de lancer très prochainement un appel à manifestation d’intérêt international pour la mise en valeur de cette richesse.


En plus de cette étude menée par la société de services pétroliers SLB, dont les résultats ne devraient pas tarder à sortir, l’agence Alnaft a également signé un accord avec le groupe américain Chevron pour identifier les potentialités de la côte algérienne en hydrocarbures.


Concernant le gaz de schiste, l’Algérie dispose d’une réserve estimée à près de 700 000 milliards de m³ non exploités. Donc les potentialités sont là, il suffit juste de mettre le paquet en renforçant l’exploration de nouveaux gisements gaziers.


D’ailleurs, le président Tebboune a confirmé la volonté de l’Algérie d’être fidèle à ses engagements « étant donné que nous sommes un partenaire stratégique et de confiance de l’Italie et de l’Europe en général ».


Si la cheffe du gouvernement italien n’a pas donné de détails financiers sur de possibles investissements que pourraient lancer Eni et Sonatrach dans l’exploration et la production de gaz naturel, les deux parties sont déterminées à travailler en synergie pour renforcer la production algérienne en gaz, avec l’objectif d’atteindre les 200 milliards de m³ de gaz d’ici 2030.


Pour cela, le groupe public a mobilisé 60 milliards de dollars pour les cinq prochaines années, avec la réservation de 70 % de ce budget à l’exploration et à l’augmentation de la production.



Outre l’extension du gazoduc Transmed, Rome suit avec « un grand intérêt » le corridor de l’hydrogène vert, produit grâce aux plus de 3.000 heures d’ensoleillement annuel dont bénéficie l’Algérie.


Ce projet pourrait, selon le même titre, générer des exportations annuelles comprises entre 5,6 et 9,4 milliards d’euros, en faisant de l’Algérie un « pôle énergétique intégré ».

29 mars 2026 | algeria-logo