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Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu M. Albares au Palais de la présidence en présence du ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf et du ministre des Hydrocarbures et des Mines Mohamed Arkab. Un casting ministériel qui dit tout de la nature de cette visite : avant d’être diplomatique, elle est fondamentalement énergétique.
D’ailleurs, selon les informations rapportées par Reuters, les deux pays ont ouvert des négociations pour augmenter les livraisons de gaz naturel via le gazoduc Medgaz, avec une hausse potentielle de l’ordre de 10 % du volume actuel.
20 minutos précise de son côté que la capacité additionnelle envisagée oscille entre 500 millions et 1 milliard de mètres cubes (Gmc), en complément des 30 à 35 Gmc que l’Espagne importe annuellement de l’ensemble de ses fournisseurs.
« Nous avons convenu de renforcer ce partenariat stratégique dans le secteur de l’énergie », a déclaré M. Albares à l’issue de ses entretiens à Alger, reconnaissant publiquement qu’« aucun détail » n’a encore été arrêté et que les discussions portaient sur «un cadre général». Une formulation qui traduit, en langage diplomatique, que c’est Alger qui fixera les termes définitifs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après les données d’Enagas, le gestionnaire du réseau gazier espagnol, le gaz algérien a représenté plus de 29 % des importations totales de gaz de l’Espagne au cours des deux premiers mois de 2026. L’Algérie est ainsi, pour la troisième année consécutive, le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne — un fait que M. Albares a lui-même tenu à souligner devant le président Tebboune.
Cette dépendance espagnole n’est pas conjoncturelle. Le groupe énergétique espagnol Naturgy, dont l’actionnaire algérien Sonatrach fait partie du capital, détient des contrats gaziers avec la compagnie nationale portant sur environ 5 milliards de mètres cubes par an, selon des données communiquées au marché en 2022.
C’est dans ce contexte que le PDG de Naturgy, Francisco Reynes, a déclaré cette semaine vouloir « renforcer ses relations » avec Sonatrach.
L’accord ne se limite pas aux hydrocarbures. Les deux gouvernements se sont engagés à « aller au-delà du gaz », selon 20 minutos, en explorant de nouvelles pistes de coopération dans l’énergie photovoltaïque et l’hydrogène vert, deux secteurs où le potentiel algérien — ensoleillement exceptionnel, vastes espaces sahariens — est considérable et encore largement sous-exploité.
Des « investissements conjoints » entre entreprises espagnoles et algériennes dans « l’ensemble du secteur des hydrocarbures » sont également à l’étude selon la même source.
La réactivation du traité de 2002, signal politique fort
Au-delà des chiffres, c’est sur le plan diplomatique qu’Alger a envoyé le message le plus fort. Le président Tebboune a officiellement notifié à M. Albares sa décision de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant l’Algérie et l’Espagne depuis octobre 2002, selon un communiqué de la présidence de la République.
Ce traité avait été suspendu en 2022, après que Madrid avait soutenu un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental. Quatre ans plus tard, c’est l’Espagne qui est venue à Alger normaliser la relation, et c’est le président algérien qui a choisi le moment et les modalités de la réactivation.
Ainsi, le message géopolitique est très clair : l’Algérie ne fait pas de concessions sur ses principes, mais elle sait récompenser ses partenaires qui reviennent à de meilleures dispositions.
Ainsi, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large. La fermeture du détroit d’Ormuz et la guerre au Moyen-Orient ont brutalement rappelé à l’Europe sa vulnérabilité énergétique et la valeur des fournisseurs stables, fiables et géographiquement proches. L’Algérie coche toutes ces cases.
Dans ce contexte, Alger ne subit pas la conjoncture : elle en tire parti avec méthode, en transformant sa rente gazière en levier diplomatique, en attirant des investissements industriels dans des secteurs d’avenir, et en se positionnant comme un acteur incontournable de la transition énergétique méditerranéenne.
K. B.
Le président de la République réactive le Traité d’amitié
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait part, jeudi dernier, au ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Espagne, José Manuel Albares, de sa décision de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant l’Algérie et l’Espagne depuis octobre 2002, indique un communiqué de la Présidence de la République, cité par l’APS.
« Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a reçu, le 26 mars 2026, le ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Espagne, M. José Manuel Albares, en visite officielle en Algérie », lit-on dans le communiqué.
L’audience « a permis de passer en revue l’état des relations algéro-espagnoles, ainsi que les perspectives prometteuses qu’elles offrent, ces relations connaissant actuellement une dynamique remarquable en matière de consolidation et de diversification », note le communiqué.
« Afin de renforcer cette dynamique, le président de la République a fait partie au ministre espagnol des Affaires étrangères de sa décision de réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, liant l’Algérie et l’Espagne depuis octobre 2002 ».