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La stratégie suivie par les autorités, plus précisément par le secteur de l’enseignement supérieur, se concentre sur le renforcement de la qualité des programmes, avec l’introduction et la maîtrise des nouvelles technologies nécessaires à l’émergence de «l’industrie 4.0».
En ce sens, la participation du Docteur Ali Zineddine Boumehira, maître de conférences à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA El-Harrach), a été l’occasion d’expliquer comment sont formés les ingénieurs. L’intervenant, qui enseigne au niveau du Département des technologies alimentaires, explique que l’ENSA a multiplié et accéléré, ces dernières années, ses procédures visant à réviser les programmes. «Auparavant, ce type de réformes intervenait toutes les décennies, voire tous les 15 ans. Toutefois, l’apparition des nouvelles technologies oblige à des adaptations permanentes, afin que la formation des étudiants soit le plus proche des besoins de l’industrie». Et plus largement des attentes de la société. A titre d’exemple, le Dr Boumehira précise que l’Ecole supérieure a travaillé, dernièrement, à introduire de nouvelles spécialités «devenues indispensables» pour les industriels de l’agroalimentaire, notamment le traitement des données massives (Big data), la maîtrise de l’intelligence artificielle, la réalité augmentée, l’internet des objets connectés (IoT) ou encore les spécialités liées aux domaines de la transition énergétique, de l’économie circulaire ou du «smart packaging»… C’est-à-dire les éléments de l’industrie de demain.
Ainsi, ces nouveaux programmes proposés aujourd’hui par l’ENSA intègrent un important apprentissage du numérique. L’intérêt est double, nous explique en substance le Docteur Ali Zineddine Boumehira, en marge de la conférence. Il s’agit de répondre aux attentes de l’étudiant et plus largement de participer au développement des industries liées à l’agriculture et l’agroalimentaire. Ces nouveaux programmes permettent un meilleur développement des capacités cognitives. Il s’agit également de veiller à ce que les étudiants soient plus autonomes dans leur formation, en plus de développer les habitudes de travail en groupe. «Le rapport à l’information a changé», lance notre interlocuteur. Nous devons travailler à inculquer les bonnes méthodes d’apprentissage et de formation en continu.
Renforcer la participation des industriels
Quant à l’intérêt de ces nouvelles méthodes et programmes pour les industriels et futurs employeurs, il s’agit, en premier lieu, de garantir que les nouveaux ingénieurs soient au fait des dernières technologies. Aujourd’hui, les différents secteurs économiques liés à l’agronomie ont un besoin important en termes de capitaux humains et les prévisions à plus long terme vont dans le même sens. Dr Boumehira nous explique que l’Ecole supérieure veille à ce que des stages soient régulièrement organisés en partenariat avec des industriels. Très concrètement, cette étape des formations est devenue l’axe central des programmes, et représente une part importante du budget de l’École qui organise des «stages obligatoires», généralement d’une quinzaine de jours, notamment pour les spécialités liées à l’industrie laitière ou le travail en laboratoire. «La caractéristique de l’ENSA est que le nombre des étudiants est relativement limité, environ 14 par groupe, mais la formation est adéquate, nos ingénieurs sont demandés sur le marché».
Dans cette logique, des mécanismes devraient être mis en place, afin de renforcer la participation des partenaires économiques. Notre interlocuteur explique que l’Etat accorde aujourd’hui des réductions de la fiscalité pour les entreprises qui participent au sponsoring des activités de recherche et de l’enseignement. Par ailleurs, la multiplication des sources de financement des formations passe également par le renforcement de la place de l’université dans le tissu économique. «Aujourd’hui, les écoles et universités créent leurs filiales économiques, c’est une tendance qui se développe. L’ENSA dispose d’une structure de ce type».
Et sur un autre plan, il nous est précisé que la nouvelle stratégie de l’Ecole veille aussi au développement de la culture de l’entrepreneuriat, afin d’inciter les étudiants à lancer des micro-entreprises et start-up. «Nous avons mis en place un centre pour la promotion de l‘entrepreneuriat, en collaboration avec la Nesda (Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat), en plus d’un incubateur qui permet de développer les idées innovantes… Des efforts qui portent visiblement leurs fruits, souligne notre interlocuteur, précisant que des brevets d’invention sont régulièrement déposés et pourront éventuellement donner lieu à des applications industrielles.