9 mars 2024 | il y a 2 ans

Exportation de médicaments : Un potentiel et une stratégie à renforcer

La réduction de la dépendance excessive aux prix du pétrole et la stimulation de la croissance économique sont des objectifs vitaux pour l’Algérie. Dès lors, la diversification de ses exportations revêt une importance capitale. Et dans le cadre d’une stratégie nationale d’exportation hors hydrocarbures, le domaine pharmaceutique figure parmi les secteurs pilotes.

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Acteurs industriels et institutionnels font montre de détermination et d’un esprit de collaboration pour élaborer une stratégie d’exportation de produits et de dispositifs médicaux. Leur vision servira de guide pour orienter le développement du secteur à l’international, en mettant particulièrement l’accent sur les impératifs de qualité, d’innovation et de diversification. Les deux dernières décennies ont connu une croissance fulgurante dans la production pharmaceutique, avec la mise en place de nombreuses infrastructures de grande envergure et conformes aux normes techniques en vigueur. L’objectif initial, fixé avant 2020, était d’accroître le taux de couverture de nos besoins dont plus de 80% sont assurés par la production locale, selon les dernières déclarations du ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique. Une couverture locale qui s’accompagnera d’une augmentation des exportations.

D’ailleurs, Ali Aoun a appelé les producteurs nationaux à renforcer leur collaboration pour aller vers la conquête de marchés extérieurs. Il les a incités à établir des conventions avec de grandes firmes internationales de médicaments pour bénéficier de transfert de technologies. Le défi, a-t-il soutenu, est d’améliorer davantage la qualité du médicament algérien surtout avec l’introduction de biotechnologies et la production de médicaments oncologiques et d’insuline. Pour renforcer ce potentiel d’exportation, des changements structurels, réglementaires et institutionnels s’avèrent nécessaires. Il est urgent de renforcer la compétitivité des entreprises pharmaceutiques et de favoriser leur expansion à l’international.

S’organiser en consortiums

Selon Ali Bey Nasri, expert et conseiller à l’export, l’industrie pharmaceutique compte 203 établissements et l’Algérie dispose d’un dispositif important pour exporter des médicaments. «Notre pays occupe la deuxième place sur le continent africain en matière d’industrie pharmaceutique. En matière d’exportation, nous disposons d’un grand potentiel et la demande du marché international, surtout au niveau africain, est en hausse car la majorité des pays dépend totalement des importations», explique-t-il. Les entreprises qui ambitionnent d’exporter doivent toutefois s’organiser pour aller ensemble vers l’exportation vers les pays africains.

«Nous avons des entreprises qui ont un grand potentiel d’exportation mais pour différentes raisons, elles n’exportent pas encore», fait-il remarquer. Nasri exhorte les opérateurs pharmaceutiques à s’organiser en consortiums pour aller ensemble vers l’exportation. Il fait savoir aussi que le rythme des exportations est freiné par la révision de la  réglementation des changes qui tarde et qui empêchait les entreprises de faire des enregistrements d’obtention des autorisations de mise sur le marché ou de retirer les médicaments périmés.

«La réglementation des changes ne prend pas en compte les spécificités du secteur», assène-t-il. «Dans ses messages, le président de la République insiste sur la diversification des exportations. Donc, il est urgent de s’asseoir autour de la même table pour étudier ensemble les entraves et proposer les solutions», poursuit-il.

L’ex-président de l’Association des exportateurs algériens rappelle que le montant des exportations de médicaments n’a pas dépassé cinq millions de dollars en 2023. «On ne peut rester avec ce chiffre, alors que les besoins du marché sont en augmentation».

Notre interlocuteur se réjouit de l’ouverture de succursales de banques publiques en Mauritanie et au Sénégal et d’autres bientôt en Côte d’Ivoire et au Cameroun. «Il faut oser aller vers ces marchés et saisir cette opportunité pour y investir», recommande-t-il


10 mars 2024 | algeria-logo