| Découvrir l'Algérie | Qui sommes nous ? | Espace Presse | Contact |
Par sa position géographique privilégiée et son étendue saharienne, l’Algérie s’affirme aujourd'hui comme l’une des nations les plus richement dotées au monde en rayonnement solaire. Avec une moyenne nationale dépassant les 3.000 heures d’ensoleillement par an, et des pointes atteignant 3.900 heures dans le Grand Sud, le pays dispose d’un avantage comparatif exceptionnel. Cette intensité lumineuse, qui se traduit par une radiation dépassant les 2.500 kWh par mètre carré annuellement, place l’Algérie au cœur des enjeux énergétiques mondiaux du XXIe siècle.
Des capacités de production à l’échelle des grandes puissances industrielles
Le potentiel algérien ne relève plus de la simple estimation théorique. Selon les projections de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Algérie possède des capacités exploitables vertigineuses. Dans un scénario modéré, le pays pourrait générer 50 gigawatts (GW) d’énergie solaire, soit environ 100 térawatt heures (TWh) par an. Cependant, les ambitions nationales visent plus haut. Dans un scénario de développement optimal, ces capacités pourraient être portées entre 150 et 200 GW, pour une production annuelle oscillant entre 350 et 400 TWh. À titre de comparaison, ces chiffres équivalent à la production électrique totale de certaines des plus grandes puissances industrielles européennes.
L’année 2026 marquera un tournant décisif dans cette ascension énergétique. Plusieurs centrales solaires de grande envergure, totalisant 1.480 mégawatts (MW), entreront en service. Sur le terrain, les chantiers avancent à un rythme soutenu : la centrale de Tendla, dans la wilaya d’El-M'Ghair, affiche déjà un taux de réalisation de 93 %, tandis que celle d’El-Ghrous, à Biskra, atteint 86 %. D’autres projets stratégiques progressent également de manière significative à El-Oued, Ouled Djellal, M’sila ou encore Abadla.
L’ambition de l’Algérie dépasse ses frontières
Le pays structure actuellement sa stratégie pour devenir un fournisseur clé d’énergie propre pour le continent européen. Ce déploiement repose sur trois axes stratégiques majeurs. Le premier axe concerne l’interconnexion électrique sous-marine. Le projet Medlink, véritable autoroute énergétique, prévoit la pose d’un câble à haute tension reliant l’Algérie à l’Italie, via la Tunisie. Avec une capacité de transfert de 2.000 MW, cette infrastructure permettrait d’exporter environ 28 TWh par an vers l’Europe, couvrant ainsi près de 8 % de la consommation électrique italienne. Sur le plan économique, ce flux pourrait générer pour l’Algérie des revenus annuels estimés entre 1,5 et 2 milliards d’euros. Le second axe, tout aussi révolutionnaire, concerne l’hydrogène vert. En s’intégrant au projet SouthH2 Corridor, l’Algérie se lie à un corridor de 3.300 kilomètres reliant le Sahara à l’Allemagne, via l’Italie et l’Autriche.
L’objectif est de transporter 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2040, soit 10 % de la demande totale européenne prévue à cet horizon. La stratégie nationale ne néglige pas pour autant le développement technologique interne. L’objectif à l’horizon 2035 est d’atteindre une capacité installée de 15.000 MW d’énergies renouvelables, portant ainsi la part du propre dans le mix énergétique national à un taux compris entre 30 et 40%. Dans cette perspective, le programme urgent pour la période 2024-2026 prévoit déjà la réalisation de 3.000 MW répartis sur 15 centrales solaires à travers 12 wilayas, dont Béchar, Laghouat et Touggourt. Outre la consommation domestique, cette énergie sera le moteur de la souveraineté numérique du pays.
L'Algérie ambitionne en effet de devenir une terre d'accueil pour les Hyperscale Data Centers. Ces centres de données géants, extrêmement gourmands en électricité, trouveront en Algérie une source d'énergie stable, durable et compétitive, faisant du pays un hub incontournable pour l'économie numérique mondiale. L'organisation du prochain sommet à Alger illustre parfaitement cette volonté de l'État algérien de passer de la vision stratégique à l'exécution opérationnelle, en instaurant un cadre de concertation pérenne, qui respecte les intérêts mutuels et assure la sécurité énergétique des deux rives de la Méditerranée.
À cet effet, dans les prochains mois, Alger accueillera les délégations de cinq nations clés, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne - afin d’impulser une dynamique opérationnelle concrète au projet ambitieux du « South H2 Corridor». «L’Algérie accueillera cet événement majeur pour coordonner la mise en œuvre pratique du corridor d’hydrogène Sud, réunissant l’ensemble des parties prenantes autour d’une feuille de route commune», a déclaré M. Hedna, soulignant ainsi la volonté de l’État de transformer ces ambitions en réalités tangibles.