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La variété de son relief, la clémence de son climat et son ensoleillement quasi permanent, font d’elle une destination touristique, attrayante et fortement appréciée. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, l’Algérie propose des merveilles aux touristes, car chaque ville a ses particularités.
Avec un potentiel aussi immense, on comprend aisément, que le problème du tourisme algérien n’est pas un manque d’attraits; sur ce point, le pays a été béni, avec un potentiel touristique immense. Où se trouve donc, le problème ? Peut-être dans le manque d’une véritable politique, visant à faire de ce secteur, un levier économique. En effet, le tourisme pourrait constituer pour l’Algérie, une véritable force économique, avec la création de milliers d’emplois.
L’Algérie possède, par ailleurs, un des produits touristiques des plus inégalables : le produit saharien, avec toute sa splendeur. Il faut savoir, que le Sahara algérien couvre les deux tiers de la superficie du pays, et présente des produits forts diversifiés, comme le Grand Sud, ou ce que l’on appelle communément, le plus grand Musée à ciel ouvert de la planète.
L’Algérie, un pays aux ressources infinies
Expert international en tourisme, et délégué pour l’Algérie à l’Association mondiale de la formation hôtelière et touristique (Amforht), Saïd Boukhelifa, que nous avons joint mardi dernier, estime que «l’Algérie est un pays aux ressources infinies». «La faune et la flore chatoyantes, peu endommagées, en font l’une des régions les mieux préservées, du Nord de l’Afrique. Le cadre environnemental dans lequel s’inscrit l’Algérie, est à la fois montagneux, balnéaire et saharien. Autant d’éléments, qui permettent à tout type de touriste ou de voyageur, de trouver son bonheur. Cependant, un élément essentiel reste à préserver : le caractère discret et authentique de l’Algérie», affirme-t-il.
«Mais aucune industrie touristique au monde, ne peut réussir son challenge, sans reposer sa chaîne de valeurs, sur la volonté politique et la formation, la ressource humaine qualifiée, et exclusivement dédiée à ce secteur névralgique et, enfin, la concrétisation», a-t-il souligné, en sa qualité d’expert en la matière.
Evoquant les contraintes freinant le développement du secteur touristique en Algérie, il les résumera en «deux aspects majeurs : l’insuffisance et la qualité de l’hébergement, et une tarification inaccessible, pratiquée par les différents voyagistes (hébergement et transport notamment)».
C’est pourquoi, pour notre interlocuteur, «il est temps, que nos agences de voyages travaillent, sur la réception et ne se contentent plus, de faire uniquement dans l’émission des voyageurs».
Nécessité, de mettre en place une «marque Algérie»
Dans le même contexte, l’expert Saïd Boukhelifa a souligné, «la nécessité de mettre en place, une ‘’marque Algérie’’, afin de mettre en avant et de valoriser la destination Algérie, comme c’est le cas pour les pays touristiques».
Raison pour laquelle, ce spécialiste en tourisme, auteur de plusieurs livres, a recommandé «d’axer les efforts autour des deux concepts, que sont gouvernance et la durabilité», tout en prévoyant un «budget conséquent», aux aspects liés à la promotion, à travers un travail de marketing, pour valoriser les potentialités touristiques du pays.
En outre, notre interlocuteur a également préconisé, «l’encouragement de l’entrepreneuriat et de l’investissement des différentes activités liées au secteur, à l’instar de l’hébergement, du transport… et ce, dans le cadre des Petites et moyennes entreprises (PME), créatrices d’emplois directs et indirects».
«Le développement touristique passe, par la création d’une valeur ajoutée, à partir de la base et ce, à travers des micro-activités locales, créatrices de richesses, le respect de l’échelle des valeurs, propres au secteur, et l’encouragement et l’accompagnement des jeunes créateurs de projets touristiques», a-t-il souligné.
Interrogé sur la problématique des guides touristiques, dont on n’a pas encore défini les contours et les prérogatives, Saïd Boukhelifa a répondu : «En effet, le nombre des guides touristiques, qui exercent actuellement dans le pays, n’est pas suffisant. Notamment les guides qualifiés, qui sont peu nombreux. Si on avait eu un grand nombre de touristes étrangers, cela aurait été une catastrophe, à cause de l’intrusion de ces soi-disant guides, non formés et opportunistes de mauvais aloi, et à la recherche de gains faciles et immérités. Très peu parlent l’anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol. En plus du français, l’anglais est primordial. Car l’Algérie a reçu des touristes américains, australiens, japonais en petit nombre, mais il était difficile, de les encadrer par de bons guides anglophones. Ces trois nationalités sont venues, essentiellement, pour le tourisme archéologique et culturel, et pour les sites des gravures et peintures rupestres du Tassili N’Ajjer. C’est un segment de clientèle aisé, qui paye cher pour enrichir sa culture, qui exige de bons hôtels 4 et 5 étoiles, un très bon guide, qui les abreuve d’informations historiques et culturelles, aussi complètes que possible. Car, ils viennent consommer un produit haut de gamme, qu’est le tourisme archéologique et saharien.»
«Comme beaucoup d’autres, cette activité est cependant paradoxale, en ce sens qu’elle ne génère pas que des avantages, elle peut également, si on n’y prend garde, induire des effets pervers, sur l’environnement naturel et social de la région», a-t-il conclu.
De son côté, le directeur de l’agence de voyages Symphonie Travel, Salem Badache, a affiché son bonheur, de voir plusieurs milliers de touristes étrangers, débarquer en Algérie, à la faveur des facilités accordées par les autorités, pour l’obtention d’un visa touristique, sans compter les youtubeurs.
Le tourisme algérien renaîtra de ses cendres
Ainsi, pour notre interlocuteur, qui croit fermement que le tourisme algérien renaîtra de ses cendres, un jour ou l’autre, «l’Algérie est un pays à l’histoire millénaire, elle a vu passer, de nombreuses civilisations, ce qui lui confère une position unique, dans la région. De ce point de vue, l’Algérie ne semble guère adaptée, pour le tourisme de masse seulement, elle est une attraction pour les plus curieux et les plus instruits, avides de connaissances et de découvertes. C’est à ce carrefour, entre beauté naturelle et potentiel inédit, que s’inscrit, à mon sens, l’Algérie».
Etayant son argumentaires quant à la beauté du pays et le potentiel touristique qui foisonne, Salem Badache a indiqué que «l’Algérie est un pays continent qui a toutes sortes de tourisme : saharien, thermal, de montagne et autres. Chaque manifestation doit servir à présenter ce dont l’Algérie regorge».
Aussi, notre interlocuteur n’a pas manqué de plaider pour «la mise en place d’une commission spéciale, chargée du marketing lors d’un événement, dont le rôle est de promouvoir le tourisme, en coopération avec les différents secteurs et acteurs de la société civile».
Car, pour Salem Badache, «le tourisme est universel, multiculturel et multidimensionnel. Sa diversité est impressionnante : du tourisme balnéaire au tourisme religieux, sportif, de santé ou spatial, la liste est riche et longue. Le tourisme est source de richesse, de découverte et d’innovation. Il est aussi, et surtout, un vecteur de paix et de prospérité, pour tous les pays qui ont fait de ce secteur, une de leurs priorités».
L’Algérie, dotée de plus de 1.600 km de littoral, dispose de ruines romaines, dans un parfait état
Et de poursuivre en mettant en exergue le fait selon lequel, «l’Algérie est un très beau pays. Si l’on se réfère uniquement à sa superficie, il est le plus grand du Continent africain, et se classe parmi les dix territoires les plus importants du monde; il est doté, de plus de 1.600 kilomètres de littoral, dispose de sites de ruines romaines, dans un parfait état, de peintures rupestres intactes dans le Hoggar, d’une étendue de sable, sans commune mesure et de massifs montagneux enneigés, en hiver». «Tout cela donne forme, à un énorme potentiel touristique, avec des perspectives de premier ordre, pour peu que les infrastructures, qui sont nécessaires à leur essor, soient mises en place», conclut directeur de l’agence de voyages Symphonie Travel.