29 janvier 2026 | il y a 3 mois

Développement du secteur minier : «La souveraineté sidérurgique consacrée»

Dans quelle mesure l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet peut-elle permettre à l’Algérie de devenir une puissance sidérurgique et de renforcer sa souveraineté industrielle ?

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À ce sujet, l'économiste, enseignant-chercheur à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, Abderrahmane Seddiki, a souligné que « l’inauguration du gisement de fer de Gara Djebilet marque un tournant paradigmatique dans la stratégie industrielle de l’Algérie ». Ajoutant que « ce projet ne doit pas être considéré comme une simple exploitation minière, mais comme le pivot d’une réindustrialisation lourde et d’un rééquilibrage géopolitique interne ». L’inauguration de ce gisement constitue une étape stratégique majeure, offrant une filière complète allant du minerai brut aux produits sidérurgiques à haute valeur ajoutée et posant les bases d’une réindustrialisation ambitieuse du pays.

Selon l’expert, Gara Djebilet est appelé à « jouer un rôle déterminant dans l’autosuffisance du pays en fer et en acier, en transformant un poste de dépense en devises en un levier d’exportation et en consolidant la souveraineté industrielle ». A ce propos, il a indiqué que ce projet s’inscrit dans une « logique de sécurité stratégique des intrants » et qu’il vise à « garantir une autosuffisance totale de l’Algérie en fer et en acier, incluant les billettes, le fer à béton et les aciers spéciaux, transformant ainsi un poste de dépense en devises en un levier d’exportation ». Il a ajouté que le projet « ne se limite pas à l’extraction du minerai et que son intégration avec le complexe sidérurgique de Bellara à Jijel et celui de Tosyali à Oran crée une filière complète allant du minerai brut au produit fini à haute valeur ajoutée ». Dans ce contexte, M. Seddiki a souligné qu’« avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes, Gara Djebilet garantit non seulement une rente minière pour l’Algérie mais assure également une stabilité industrielle sur plusieurs décennies, permettant de décorréler partiellement l’économie nationale de la volatilité des prix des hydrocarbures ».

Le « gisement de fer de Gara Djebilet constitue également un vecteur majeur de désenclavement du Sud-Ouest algérien et que l’apport central réside dans la réalisation de la ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, longue d’environ 950 kilomètres », dit-il. Selon lui, cette infrastructure « dépasse sa simple fonction industrielle puisqu’elle crée de nouveaux points d’ancrage pour des zones d’activités économiques tout au long du tracé et favorise une répartition plus homogène de la population et de l’emploi ».

Dans ce cadre, l’économiste a ajouté que « trois défis opérationnels, longtemps perçus comme des obstacles, sont aujourd’hui transformés en opportunités par ce projet ». Il a indiqué que la teneur élevée en phosphore du minerai, qui a longtemps constitué un frein, est désormais maîtrisée grâce à des partenariats technologiques illustrant une approche pragmatique de transfert de technologie et d’innovation de rupture. Précisant que l’exploitation nécessite une puissance électrique massive, ce qui a permis le développement de centrales solaires hybrides et l’extension du réseau de gazoducs, renforçant ainsi l’infrastructure énergétique régionale.

Enfin, l'analyste souligne que « sur le plan géopolitique, Gara Djebilet permet à l’Algérie de devenir un hub minier stratégique, renforçant sa profondeur vers l’Afrique de l’Ouest et constituant un atout de poids pour l’intégration économique continentale à travers la ZLECAf ».

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