18 juillet 2021 | il y a 4 ans

Conjoncture : La reprise ?

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Les hydrocarbures représentent 98% des exportations, 60% des recettes fiscales et 19% du PIB. Parmi les objectifs de la LFC 2021, l'actualisation des objectifs macro-budgétaires et la réorientation du pilotage de l’économie, dans un contexte national très contraignant. 


L’économie algérienne est en récession et les perspectives pour les années à venir sont plus ou moins défavorables. Certes, tout retour à la croissance est intimement lié à un assainissement des finances publiques, mais, selon les prévisions du FMI, en raison de l'épidémie de COVID-19, la croissance du PIB est tombée à -6 % en 2020, elle devrait, cependant, remonter à 2,9 % en 2021 et se stabiliser à 2,8 % en 2022, sous réserve de la reprise économique mondiale post-pandémie. Aussi, pour faire face à une conjoncture particulièrement difficile, notre pays a été obligé de puiser dans ses réserves de change, pour compenser les fluctuations des prix du pétrole et sa diversification économique insuffisante. Les réserves de change du pays ont donc continué à diminuer, ces dernières années. 


La dette publique, qui était estimée à 53,1% pour 2020, devrait augmenter en raison de la crise déclenchée par la pandémie de Covid-19, 63,3% en 2021 et 73,9 % en 2022. Plongée, donc, dans une récession, exacerbée par la crise sanitaire et la forte baisse des prix du pétrole. Et si l'inflation s'est établie à 2,4% en 2020, le FMI prévoit une hausse de l'inflation en 2021 (4,9%) et 2022 (6%). 


Ces perspectives négatives sont liées également à une forte baisse des exportations de gaz, qui devraient passer de 45 milliards de mètres cubes en 2020 à 26 milliards de mètres cubes en 2025. Le pays cherche des moyens de réduire sa dépendance au gaz pour la production d'électricité en investissant dans l'énergie solaire. 


Néanmoins, le nouveau plan de relance économique maintient la politique de subventions inchangée. Cela dit, selon la Banque mondiale, le chômage est plus élevé parmi les jeunes, les femmes et les diplômés en raison de l'inadéquation des compétences sur le marché du travail. Selon les estimations du FMI d'avril 2021, le chômage sera de 14,5% en 2021 et de 14,9% en 2022. 


Cela dit, le ministère des Finances fait état, pour les cinq premiers mois de 2021, d'indicateurs qui confirment une certaine reprise de l'activité. «Les principaux indicateurs macroéconomiques et budgétaires de notre pays confirment une certaine reprise de l’activité économique et montrent une prise en charge des besoins des citoyens en matière de revenus et de couverture sociale et sanitaire», a indiqué le ministère. Il a annoncé que la croissance économique de l’Algérie «a été revue à la hausse et devrait se situer à +4,2% en 2021 (contre +3,98% dans la LF 2021), en relation avec le retour progressif de l’activité économique suite à l’amélioration de la situation sanitaire après le repli de la pandémie». Pour ce qui est de l'inflation, son évolution moyenne en 2021 devrait se situer autour de 4% en relation avec la reprise de l’activité et le retour progressif à l’approvisionnement normal des marchés, notamment alimentaires.


 S’agissant des échanges commerciaux du pays, au cours des cinq (05) premiers mois de 2021, le ministère a indiqué qu’ «ils se sont caractérisés par une atténuation du déficit de la balance commerciale de 68%, déficit qui est passé de -3,9 Mds US à fin mai 2020 à -1,3 Md US à fin mai 2021». Par ailleurs, le dinar devrait poursuivre sa dépréciation cette année face au dollar américain.


Farid Bouyahia

17 juillet 2021 | algeria-logo