5 juin 2024 | il y a 2 ans

Automobile, médicaments et relance du secteur public Les vérités de Aoun

Le ministre annonce que 3 projets pour fabriquer des médicaments anticancéreux ont vu le jour.

news-detail

Que se passe t-il dans le secteur de l'automobile? Le premier responsable du dossier, ministre de l'Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a tenu à clarifier les choses. Il ne va pas par quatre chemins. Sans détour, il a critiqué certains concessionnaires pour leur mauvaise gestion, les accusant de masquer leurs erreurs derrière les quotas d'importation.

«L'histoire des quotas d'importation de véhicules est devenue une excuse pour couvrir leurs défaillances», a-t-il déclaré.

Le ministre a souligné que la vision de l'État ne se limite pas à l'importation de véhicules, mais vise à établir une véritable industrie automobile en Algérie. Seuls les industriels ayant une vision solide seront autorisés à se lancer dans le montage automobile, a-t-il affirmé. Cette stratégie a pour objectif d'éviter les erreurs du passé et à développer une industrie réelle. Dans ce cadre, Ali Aoun a rencontré hier une délégation du groupe industriel automobile JAC, dirigée par Yang Zhengshu, chef du complexe. L'objet de cette réunion était de faire le point sur l'avancement du projet de construction automobile en Algérie. Le ministre a écouté les préoccupations et les solutions proposées pour accélérer la mise en oeuvre du projet. Il a donné des instructions strictes pour respecter les délais et le cahier des charges. Ali Aoun semble déterminé à faire avancer ce dossier. Néanmoins, il met en avant l'importance de ne pas se concentrer uniquement sur l'automobile, mais sur l'ensemble du secteur industriel. Car, il n'est pas ministre de l'Automobile,mais de l'I ndustrie en général. C'est dans ce sens qu'il a tenu à mettre en avant les projets d'importance vitale qui sont en train de voir le jour. Cela est, notamment, le cas pour le secteur du médicament. Il a révélé que trois laboratoires pharmaceutiques activant en Algérie ont lancé des projets pour fabriquer des médicaments anticancéreux. En tout, sept projets sont en cours, dont trois ont déjà démarré.

Le ministre a aussi indiqué que 60% des besoins en médicaments pour les maladies chroniques devraient être couverts localement d'ici fin 2024. Aoun a également appelé Saidal, une entreprise pharmaceutique publique, à se tourner vers la production de vaccins, notamment pour les enfants. «Bientôt, il y aura une production locale de vaccins», s'est-il réjoui. Il a exprimé sa satisfaction quant aux progrès réalisés par Saidal, tout en insistant sur l'importance des entreprises industrielles publiques dans la stratégie industrielle nationale. Dans ce sens, Ali Aoun a critiqué les politiques antérieures qui ont conduit à la désorganisation des grands complexes publics et à une importation aléatoire, détruisant ainsi leur production. Il a souligné que la solution réside dans une gestion moderne et non dans une privatisation non planifiée.

Le ministre a annoncé qu'une nouvelle structure pour les complexes industriels serait adoptée avant la fin de 2024, visant à créer des entités de taille moyenne avec un ou deux produits seulement. Ali Aoun a rappelé l'importance du secteur industriel en termes d'emplois, avec plus de 3 millions de personnes actives, que ce soit dans le secteur public ou privé. Il a indiqué que le nombre de petites et moyennes entreprises dépasse les 1,4 million, représentant 30 entreprises pour 1 000 habitants.

Le secteur public industriel et commercial assure 94 000 emplois.

Enfin, le ministre a annoncé qu'un cahier des charges pour légaliser l'importation et la fabrication de téléphones portables serait prochainement approuvé. Ce qui doit mettre fin à une autre crise qui a trop durée...

5 juin 2024 | algeria-logo