10 février 2026 | il y a 3 mois

Après Gara Djebilet, le défi des 7 grands chantiers ferroviaires

Après le défi relevé de la concrétisation du grand projet de la ligne minière ouest, qui permettra d’acheminer le minerai de fer de Gara Djebilet jusqu’à Oran, l’Algérie s’attelle à se doter de 7 autres grands projets ferroviaires qui vont achever de transformer le monde du transport national et donner un nouveau souffle à l’économie nationale.

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Cette dynamique ferroviaire, impulsée ces dernières années, ne se limite plus à la simple modernisation des infrastructures existantes mais dessine une véritable toile d’araignée logistique, capable de relier les pôles industriels, les ports et les richesses du sous-sol aux régions les plus reculées du pays. Sous l’égide de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif), ces projets redéfinissent l’espace algérien autour d’une vision de souveraineté économique et d’équilibre du territoire.

Rocade Nord

Le premier grand pilier de cette stratégie demeure la Rocade Nord et ses dessertes qui constituent le véritable nerf principal du réseau. Cette ligne s’étire sur 1250 kilomètres le long de la bande côtière, d’Annaba à l’est jusqu’à Tlemcen à l’ouest et traverse 22 wilayas où résident 20 millions d’habitants, soit 43% de la population. Ce projet est d’autant plus stratégique qu’il constitue le point de départ de toutes les lignes pénétrantes vers le sud. Avec 216 gares et une connexion directe à neuf grands ports, cet axe est vital pour le commerce extérieur. Actuellement, 433 kilomètres de tronçons sont en phase de réalisation ou de modernisation pour augmenter les capacités de transport de marchandises et de passagers, consolidant ainsi la place du rail comme alternative crédible et durable à la route.

Rocade des Hauts-Plateaux

En parallèle, la Rocade des Hauts-Plateaux s’affirme comme une nouvelle ligne de défense contre l’enclavement. Parallèle à celle du nord, elle traverse onze wilayas sur 1162 kilomètres, de Tébessa à Moulay Slissen. Ce projet monumental commence déjà à devenir une réalité tangible avec 944 kilomètres en exploitation, alors que les 218 kilomètres restants, reliant notamment Tissemsilt à Frenda en passant par Tiaret, sont en cours de finalisation. Cette rocade a pour vocation de servir de moteur au rééquilibrage démographique et économique, en offrant aux huit millions d’habitants des steppes un accès direct à la modernité et en facilitant la liaison Relizane-Tiaret pour unifier les flux entre le nord et l’intérieur du pays.

Ligne minière Est

Le secteur minier, pilier de la nouvelle économie hors-hydrocarbures, repose également sur la ligne minière Est qui s’étend sur 422 kilomètres entre Annaba et les mines de Djebel El Onk au sud de Tébessa. Cette voie est appelée à devenir le poumon de l’industrie du phosphate. Aujourd’hui encore, l’Anesrif y mène des travaux colossaux de dédoublement et de rectification de tracé sur 297 kilomètres, tandis que 152 kilomètres supplémentaires sont sur le point d’être lancés. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des unités de transformation et d’exporter les ressources minières avec une efficacité accrue, plaçant l’Algérie parmi les leaders mondiaux du secteur.

Pénétrantes Est et Centre

L’ambition saharienne de l’Algérie se concrétise quant à elle à travers notamment les deux projets de pénétrantes Est et Centre. Concernant la pénétrante Est, il y a lieu de préciser qu’elle relie les ports de Skikda et Djen Djen au pôle pétrolier de Hassi Messaoud sur 418 kilomètres. Si le tronçon El Gourzi-Touggourt est déjà opérationnel, les travaux entre Touggourt et Hassi Messaoud avancent de manière significative, avec des trains conçus pour circuler à 220 km/h. Plus impressionnante encore, la pénétrante Centre vise à créer une liaison transsaharienne jusqu’à Tamanrasset. Sur un total de 2039 kilomètres, le tronçon Boughezoul-Laghouat a récemment été mis en service, marquant une étape symbolique vers le Grand Sud. Les études pour les sections vers In Salah et Tamanrasset se poursuivent, promettant une intégration sans précédent de dix wilayas et de sept millions d’habitants au reste du pays.

Boucles Sud-Ouest et Sud-Est

Enfin, l’avenir logistique du pays se dessine aussi à travers la boucle Sud-Ouest et la boucle Sud-Est. La première, longue de 1500 kilomètres, reliera les villes de Ghardaïa à Béchar, en passant par Timimoun et Adrar, avec un raccordement stratégique vers Bordj Badji Mokhtar. La seconde boucle connectera les villes du Sahara Centre et Est, de Laghouat à Touggourt via Ouargla. Ces projets, totalisant près de 2700 kilomètres au stade d’études avancées, ne sont plus de simples lignes sur une carte ; ils représentent le socle d’une Algérie qui projette de se connecter à l’Afrique subsaharienne tout en garantissant un développement équitable à toutes ses régions.

10 février 2026 | algeria-logo