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Le marché porte sur 265 kilomètres de voie à réaliser dans un délai de 24 mois, avec une clôture des dépôts fixée au 24 mai prochain. Un projet qui a obtenu un financement de la part de la Banque africaine de développement (BAD), mais pas que, puisque le document nous apprend l’existence d’un autre bailleur.
Ce passage à la phase opérationnelle intervient après plusieurs mois de préparation et de coordination interministérielle. En amont, les études techniques ont permis de structurer le tracé global de la future ligne transsaharienne dont fait partie le segment Laghouat-Ghardaïa-El Menia, long de 495 kilomètres. Ce dernier s’insère dans un projet plus vaste reliant Alger à Tamanrasset sur plus de 2 400 kilomètres, avec en perspective une extension vers les frontières Sud et les réseaux régionaux.
Sur le plan financier, le projet repose sur un montage associant la BAD en tant que bailleur, avec un engagement annoncé à hauteur de 747 millions d’euros pour le tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Menia. À ses côtés, la présence du logo de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) en en-tête du document officiel atteste de sa participation au financement du projet, traduisant l’intérêt de ce partenaire extra-continental pour un corridor jugé porteur.
Pour gagner la confiance de ces partenaires, les autorités ont véritablement accéléré le rythme ces derniers mois. L’enjeu dépasse la seule réalisation d’une infrastructure, car la volonté sous-jacente semble viser l’envoi d’un signal fort aux investisseurs, en donnant à ce projet une valeur de référence quant à la capacité de l’Algérie à tenir ses engagements. Dans cette perspective, les autorités ont, dès le mois de mars de l’année dernière, arrêté le principe d’un lancement rapide des lignes ferroviaires du Sud, notamment les axes Laghouat-Tamanrasset et El Menia-Timimoun-Adrar. Par la suite, les travaux d’études conduits par l’Anesrif ont abouti à la finalisation d’environ 1 048 kilomètres de tracé sur l’axe Alger-Tamanrasset, incluant plusieurs sections jugées structurantes. Cette avancée sur le plan technique a constitué un passage obligé, conditionnant à la fois la mobilisation des financements et la mise en place des procédures d’appel d’offres.
Lorsque des institutions de cette envergure s’engagent dans un projet quel qu’il soit, leur démarche ne relève pas d’une logique de générosité, mais de rentabilité et de sécurisation de l’investissement. Le fait que cette ligne ferroviaire dépasse largement son ancrage local, en constituant un maillon essentiel d’un corridor pensé comme une véritable colonne vertébrale logistique, semble avoir pesé. Ce dernier vise, en effet, à désenclaver les régions sahariennes, à fluidifier l’acheminement des marchandises et à accompagner la mise en valeur des ressources minières du Grand Sud. Par ailleurs, il s’inscrit dans une dynamique plus large d’intégration économique, en lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine.
Tout cela dépasse ainsi le cadre d’un simple chantier d’infrastructure et reflète une stratégie de transformation progressive du réseau ferroviaire national, pensée pour accompagner les mutations économiques, en renforçant les capacités de transport à longue distance, tout en projetant la portée du projet à une échelle continentale dans une logique d’intégration. Une approche qui semble avoir convaincu la BAD, ainsi que l’AIIB, dont la Chine est le principal actionnaire. Les raisons n’ont même plus besoin d’être expliquées.