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Au 2e jour du Salon Djazagro, les échanges ont pris une dimension particulière. Les entreprises internationales ont dressé leur lecture du marché algérien. Ce dernier ne laisse personne indifférent. Il évolue vite et s’ouvre progressivement. Et il suscite des ambitions nouvelles, notamment dans l’agroalimentaire et l’emballage, deux secteurs devenus stratégiques.
Production de pâtes
Présente depuis plusieurs années en Algérie, l’entreprise italienne Tecalit confirme cet intérêt croissant. Spécialisée dans les machines industrielles pour la transformation des céréales, elle accompagne les producteurs de pâtes, de couscous et de produits extrudés. Son directeur, Adriano Guidolin, parle du marché algérien.
«Nous sommes présents en Algérie avec plusieurs installations dédiées à la production de pâtes courtes, de pâtes longues et de couscous». Pour lui, l’Algérie n’est pas un marché comme les autres. Il insiste sur son potentiel de croissance et sur la dynamique industrielle en cours. «Le marché algérien est en pleine évolution. Il y a une vraie volonté de modernisation et d’amélioration de la production locale», ajoute-t-il.
Tecalit ne se contente pas de vendre des équipements. L’entreprise mise aussi sur l’accompagnement. Sur place, elle a structuré un service après-vente avec des équipes techniques locales. L’objectif est simple: assurer la continuité de production et renforcer la fiabilité des installations. «Nos clients ne cherchent pas seulement des machines, ils cherchent un partenaire fiable dans la durée», confie le directeur.
Une implantation locale envisagée
Dans les discussions, une perspective revient souvent: celle d’une implantation industrielle en Algérie. Le sujet n’est pas encore acté, mais il est clairement sur la table. «Si les conditions sont réunies, nous pourrions envisager une production locale», précise Adriano Guidolin, tout en restant prudent. Le stand du groupe allemand RKW attire l’attention. Leader européen des films d’emballage, il travaille déjà avec plusieurs industriels algériens, notamment dans les boissons et l’agroalimentaire.
Son responsable commercial, Jean-Pierre Berton, ne cache pas l’intérêt du groupe pour le marché algérien. «Le marché algérien est aujourd’hui un marché porteur. Il est en croissance et il représente une vraie opportunité pour les industriels internationaux», dit-t-il.
RKW considère l’Algérie comme une porte d’entrée vers l’Afrique du Nord. Une région jugée stratégique dans sa politique d’expansion. «Nous somme présents en Europe et nous cherchons à nous développer sur des zones à forte croissance», explique-t-il. Pour autant, aucune décision d’implantation industrielle n’a encore été prise. Le groupe reste en phase d’observation, tout en restant ouvert à toutes les options. «Nous étudions en permanence les opportunités. L’Algérie fait partie des marchés que nous suivons de très près», ajoute Jean-Pierre Berton.
Dans un autre espace du salon Djazagro, Packag’Ink Consulting joue un rôle différent mais tout aussi stratégique. L’entreprise agit comme un intermédiaire entre les industriels étrangers et le marché algérien. Spécialisée dans la plasturgie, elle accompagne des partenaires internationaux sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la transformation des matières premières jusqu’au recyclage, notamment des bouteilles en PET. Son fondateur, Malik Hamidouche, explique. «Nous représentons en Algérie et en Afrique du Nord plusieurs fabricants de machines industrielles, principalement italiens, spécialisés dans l’extrusion et l’impression plastique», dit-il.
Emballage, agroalimentaire et recyclage, des secteurs porteurs
Ces entreprises connaissent déjà bien le marché algérien. Certaines y sont présentes depuis plusieurs années. Mais elles restent prudentes lorsqu’il s’agit d’investir directement dans une production locale. «Elles préfèrent garder leurs centres de production en Italie afin de préserver leur niveau de qualité et leur maîtrise technologique», précise-t-il. Pour autant, le potentiel du marché ne fait aucun doute. La demande augmente dans plusieurs secteurs, notamment l’emballage, l’agroalimentaire et le recyclage.
De nombreuses collaborations existent déjà avec des industriels locaux répartis sur tout le territoire, de l’ouest à l’est du pays. Alger, Oran, Sétif, Constantine, Béjaïa ou encore Annaba font partie des zones où ces équipements sont déjà installés. Dans les échanges recueillis au salon, un sentiment revient souvent: l’Algérie est un marché en transition. Un marché qui se structure. Mais aussi un marché qui doit encore renforcer son attractivité pour franchir un nouveau cap.
Les industriels étrangers présents à Djazagro ne parlent pas d’un intérêt passager. Ils parlent d’une stratégie. D’un positionnement progressif. Et parfois même d’une installation future. Et une chose semble certaine, l’intérêt pour le marché algérien est grandissant.