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La proposition intitulée «GPU farms en Algérie : La puissance verte au service de la révolution numérique», dresse un tableau complet et documenté du potentiel algérien pour accueillir des fermes de GPU vertes. Il s’appuie sur des données géographiques, énergétiques, économiques et infrastructurelles pour construire un argumentaire à destination des investisseurs internationaux. En voici les éléments essentiels.
Le premier atout mis en avant par la CAPC est géographique. L’Algérie est «le plus grand pays d’Afrique» avec «une superficie de 2,38 millions de km²». Son territoire est «dominé à 86 % par le Sahara» explique la CAPC dans son rapport, une immense zone désertique largement inoccupée où la quasi-totalité des «47 millions d’habitants» est concentrée au nord.
Cette immensité offre selon cette organisation une «abondance de foncier à faible coût dans le Sud et les Hauts Plateaux» propice à l’installation de grandes fermes de serveurs.
Sur le plan solaire, les chiffres sont vertigineux. Selon la CAPC, l’Algérie bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel figurant «parmi les plus élevés au monde». La durée moyenne d’ensoleillement exploitable «dépasse 1 795 heures par an en utilisant des structures fixes et peut atteindre 2 300 heures pour des structures traquées».
Dans les régions les plus favorables les hauts plateaux, la productibilité peut atteindre «1 993 kWh/kW en structures fixes et dépasser 2 550 kWh/kW avec des suiveurs à 1 axe» ajoute la même source.
Pour contextualiser ces données, le rapport établit une comparaison éloquente : le Sahara algérien reçoit annuellement «5,79-6,42 kWh/m²/jour, contre 4,5 à 5 kWh pour Madrid, 2,8 à 3,2 kWh pour Munich et environ 5,5 kWh pour Phoenix».
Le potentiel économique solaire total de l’Algérie est estimé à «plus de 217 677 TWh/an à PP95» souligne ce rapport, ce qui en fait selon la CAPC le pays disposant du «plus grand potentiel économique solaire au monde».
La ressource éolienne vient compléter ce tableau. Les chiffres cités dans le rapport évoquent des surfaces de «plus de 240 000 km²» avec «une densité de production moyenne supérieure à 620 W/m²» et des vents moyens de « 8,71 m/s» à 100 mètres de hauteur.
Combiné au solaire, l’éolien permettrait d’atteindre des facteurs de capacité annuels moyens autour de «77% », soit «6 760 heures de fonctionnement à partir des énergies renouvelables», avec certains mois dépassant «100% en énergies renouvelables» ajoute la même source.
Une électricité parmi les moins chères du monde
L’argument économique le plus percutant avancé par la CAPC concerne le coût de l’électricité. La proposition indique que le tarif industriel algérien est d’environ «0,036 USD/kWh pour les clients industriels en 2024», soit «à peine 3,6 cents US/kWh», l’un des plus faibles au monde.
Ce niveau représente «23% seulement de la moyenne mondiale (0,156 $/kWh)» indique ce rapport, ce qui signifie, selon la CAPC, que «les opérateurs de data centers en Algérie paient jusqu’à quatre fois moins cher leur énergie que dans la plupart des autres pays».
La comparaison internationale est sans appel : alors que l’Algérie affiche «3,6 ¢US/kWh», le Canada est à «10,3 ¢US/kWh», l’Islande à «9 ¢US/kWh» et les Émirats arabes unis à «11 ¢US».
Seul le Québec s’approche du niveau algérien avec des tarifs «autour de 4 ¢US/kWh» grâce à son hydroélectricité abondante. Pour une ferme de GPU consommant «50 MW en continu, chaque centime économisé par kWh représente des millions de dollars d’économie par an» souligne-t-il.
Le potentiel vert : chiffres et calculs du LCoE
Sur le plan du coût actualisé de l’énergie renouvelable (LCoE), les projections de la CAPC sont particulièrement compétitives. Selon les calculs présentés dans le rapport, le coût de production de l’énergie passe de «4,851 c$/kWh à 3,278 c$/kWh» respectivement pour une centrale photovoltaïque à structure fixe et un système hybride solaire-éolien à structure traquée. L’éolien seul affiche un LCoE de «3,649 c$/kWh pour un facteur de capacité de 48,01%».
La CAPC souligne que ces chiffres pourraient encore s’améliorer si les taux d’actualisation actuellement de «7,5%» en Algérie contre «4,25%» aux Émirats arabes unis venaient à baisser. Cette différence de «76,5%» dans les taux d’actualisation entraîne selon le rapport une hausse du LcoEm par rapport aux grandes centrales émiraties.
L’impact environnemental est lui aussi quantifié précisément. Une ferme GPU de 40 MW fonctionnant à «98,5% du temps» permettrait de réduire les émissions de CO₂ de «54 877 tonnes de CO₂/an» tout en préservant «25,885 millions de m³ de gaz naturel par an», générant autant de crédits carbone valorisables sur les marchés internationaux.
Infrastructure et connectivité : des atouts sous-estimés
La CAPC tord le cou à l’idée reçue d’une Algérie déconnectée du monde numérique. Le pays est relié à l’Europe via plusieurs câbles sous-marins : le câble «Sea-Me-We 4 relie Annaba à Marseille», des liaisons «Oran-Valence et Alger-Valence inaugurées en 2021 (système ORVAL/ALVAL)».
Une ferme de GPU implantée en Algérie pourrait acheminer ses services vers l’Europe avec «une latence réduite » explique la CAPC dans son rapport, le round-trip time pouvant «descendre sous les 20 ms», comparable aux latences intra-européennes.
Sur le plan interne, le pays a déployé «plus de 200 000 km de fibre». Ce maillage numérique, combiné à l’essor de la 4G/5G, assure selon la CAPC «une connectivité locale de qualité aux sites retenus».
Les perspectives sont encore renforcées par le projet de dorsale transsaharienne (DTS) en fibre optique reliant Alger à la frontière du Niger, qui préfigure «un futur axe haut débit vers l’Afrique subsaharienne».
Au-delà de la rentabilité économique immédiate, la CAPC porte une vision plus large. Le rapport affirme que «ce projet Green Farm’s permettra à l’Algérie un saut quantique en termes de maîtrise des nouvelles technologies liées à l’intelligence artificielle».
Ces infrastructures permettraient de «développer une grande dynamique auprès de nos jeunes diplômés et futurs diplômés des écoles et universités technologiques, tout en développant un écosystème énergique permettant incontestablement à l’Algérie d’entrer dans le cercle des pays maîtrisant l’IA et ses technologies afférentes».
En conclusion de cet article, le profil algérien tel que dressé par la CAPC est celui d’un pays qui cumule des avantages rares : un ensoleillement record, un espace immense, une électricité ultra-compétitive et une connectivité en plein essor.
Des défis subsistent, notamment la gestion thermique dans les zones sahariennes, mais ils sont jugés surmontables au regard des solutions technologiques éprouvées dans des environnements similaires comme Phoenix en Arizona ou Dubaï.
La CAPC conclut que «l’Algérie se positionne comme un nouveau pôle émergent du calcul durable», à la croisée de la transition numérique et de la transition énergétique.