April 28, 2026 | 1 month ago

Agriculture saharienne : Un levier de la sécurité alimentaire

Sonatrach, Cosider, Madar, Soummam, Cevital en particulier se sont impliqués dans le développement de l’agriculture algérienne à travers l’exploitation de grands périmètres au sud du pays.

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Si le méga projet Bladna implanté au sud‑ouest va réduire sensiblement la dépendance à l’égard des importations de poudre de lait, d’autres méga projets implantés dans le Sahara algérien vont contribuer à la baisse de la facture importation de céréales, de graines oléagineuses, de sucre roux et d’aliments du bétail.

Il faut savoir que les hautes autorités du pays tablent sur l’agriculture saharienne à travers l’exploitation de 1 à 2 millions d’hectares pour réduire la facture alimentaire qui dépasse les 10 milliards de dollars et assurer la sécurité alimentaire du pays. Le rendement à l’hectare pour les céréales peut atteindre 80 quintaux à l’hectare.

Pas moins de 400 000 hectares ont été attribués ces dernières années au sud du pays pour développer les cultures stratégiques : céréales, betterave à sucre, graines oléagineuses notamment tournesol et colza, plantations fourragères.

De grandes entreprises comme Sonatrach, Cosider, Madar, Soummam, Cevital se sont impliquées dans cette bataille. Sonatrach via sa filiale AAA exploite trois périmètres.

Le premier à Adrar d’une superficie de 16 000 hectares, un second à Touggourt de 4 000 hectares, le troisième à Gassi Touil d’une superficie de 2 000 hectares. On y cultive des céréales (blé, orge), du maïs et du tournesol.

Cosider Agrico, filiale du groupe Cosider, exploite depuis plusieurs années les périmètres d’Adrar (16 000 hectares), de Touggourt (4 000 hectares). Elle produit des céréales, la luzerne, le maïs, le tournesol et des arachides.

Le cap est mis vers l’intégration plus poussée du secteur agroalimentaire. La raffinerie de sucre Tafadis du groupe Madar s’est vu attribuer un périmètre de 20 000 hectares à Ouargla dédié à la culture de la betterave à sucre en vue de produire un sucre algérien à 100%.

Le complexe de Kotama à Jijel de production d’huile de table également sur les périmètres attribués à Madar pour produire de l’huile 100 % algérienne. Même topo : les groupes Soummam et Cevital se sont vus attribuer de grands périmètres au sud du pays.

Un grand défi pour l’agriculture saharienne : l’aléa climatique

Les perspectives sont donc prometteuses pour l’agriculture algérienne avec ces centaines de milliers d’hectares en exploitation ou en cours d’exploitation. Mais attention, cette agriculture doit relever plusieurs défis pour pouvoir atteindre plus rapidement les objectifs tracés par les pouvoirs publics : à savoir la réduction très significative de la facture alimentaire et la sécurité alimentaire du pays.

Le premier défi est l’aléa climatique. Un responsable de Madar a affirmé que dans un périmètre du sud du pays : la première année d’exploitation a été une bonne année mais la seconde a été mauvaise à cause des tempêtes de sable qui ont réduit de manière importante la récolte.

L’autre défi est la pauvreté des sols obligeant les agriculteurs à les enrichir de manière conséquente, rendant le coût d’exploitation par hectare très important.

Le troisième défi est le changement climatique, ce qui oblige à créer des micro‑climats à travers la forestation et la clôture des périmètres par des plantations pour parer aux tempêtes de sable.

Le quatrième défi est l’économie de l’eau donc éviter la surexploitation des nappes phréatiques. Le cinquième défi est l’éloignement de certains périmètres du réseau électrique obligeant le recours à des solutions énergétiques plus chères.

L’autre défi est le respect des itinéraires techniques. Sur un périmètre de 20 000 hectares, on peut l’exploiter qu’en partie : 5 000 hectares la première année puis 5 000 autres hectares la seconde année par exemple.

Une fois relevés tous ces défis, il est indéniable que l’Agriculture saharienne pourrait être d’un appoint déterminant dans la sécurité alimentaire du pays. Mais c’est se leurrer que de tabler uniquement sur l’agriculture saharienne pour garantir sa sécurité alimentaire.

On ferait également de grands progrès sur cette voie si on exploitait le potentiel de l’agriculture de montagne et si on améliorait les rendements des terres fertiles du nord du pays, préconise un expert agronome.

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