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El Moudjahid : La monnaie nationale, le dinar, semble s’apprécier ces
derniers jours. Quels sont les facteurs qui y ont contribué ?
Souhil Meddah : À ce stade, chaque variation constatée est d’abord indexée sur
des faits conjoncturels qui sont inscrits sur la toile internationale. En
termes d’analyse, nous pouvons nous appuyer sur quelques faits et effets des
politiques monétaires entre principalement la position du dollar face aux autres
grandes monnaies, notamment l’euro qui se trouve actuellement à égalité avec le
dollar.
Cette égalité, qui aboutit naturellement sur une stabilité momentanée du dinar,
peut entre autres basculer vers une orientation haussière ou baissière si on
remarque le croisement des deux monnaies par rapport à la cotation du dinar ces
derniers temps.
A juste titre, les deux monnaies s’échangent actuellement aux cours presque
similaires, avec un écart techniquement négligeable.
Dans cette explication, nous pouvons déduire que la position actuelle du dinar
est influencée par le fait d’une hausse de la demande sur le dinar, du fait de
la hausse du prix du baril, face à une limitation conjoncturelle de l’appel à
l’euro à partir du dinar. Sachant que le dollar à travers la politique
monétaire dans laquelle il est inscrit le rend plus cher (hausse du taux
directeur de la FED à 2,5% contre 0.5% au niveau de la BCE), mais aussi que
l’euro, qui ne représente que 20% des valeurs d’échange dans le monde, est en
train de perdre sensiblement son utilité en tant que valeur refuge, mais aussi
qu’il devient moins coûteux sur toutes les places financières.
Cette perte d’influence implique naturellement la parité euro-dinar dans la
part de cette monnaie unique dans tous les échanges réalisés avec les espaces
importateurs sur les marchés locaux au sein de notre économie. La limitation
des importations est en train de jouer un rôle pour limiter conjoncturellement
la demande sur les autres monnaies internationales, y compris le dollar.
Cette appréciation de la parité du dinar, qui demeure pour l’instant
conjoncturelle, ne doit pas dépasser les limites de sa compétitivité, car elle
doit ensuite aboutir sur des conditions structurelles favorables au lancement
d’une succession de modèles de croissances chargée de créer et de distribuer
des revenus pour passer ensuite vers les offres, à travers un tissu industriel
et de services fort et performant.
Quelle politique monétaire adopter pour que le dinar puisse contribuer à la
baisse de l'inflation ?
Il y a un croisement qu’il faudrait bien entretenir dans le domaine d’intérêt
de notre économie.
D’abord, veiller sur la stabilité des flux financiers pour maintenir un taux
d’inflation stable, à travers les masses, en usant de quelques instruments de régulation,
tels que le taux directeur, les taux d’intérêt et les coûts de financement et
du taux d’épargne en général.
La réévaluation du dinar est-elle possible sur le plan technique et
économique ?
Une telle réévaluation, qui ne s’appuie pas sur une simple formule technique,
doit se traduire sur un plan factuel par des actions de soutien monétaire et de
bonne intégration et demande sur le dinar.
A ce titre, il est urgent de cibler une compétitivité monétaire capable de
soutenir la politique de reconfiguration et de relance du tissu industriel,
face aux projections futures qui doivent inclure les possibilités de
l’ouverture vers les marchés de proximité (africains et méditerranées) avec
aussi l’intérêt de participer aux domiciliations des unités sujettes de
relocalisation.