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Selon
l’expert économiste, Nabil Djemaâ, si le chef de l’Etat affiche son
intransigeance, c’est pour dégripper la machine économique face à une
bureaucratie entravant toute velléité d’investissement. « Depuis la rencontre
nationale sur la relance de l’investissement, le président de la République ne
cesse d’insister sur le déblocage des projets d’investissement gelés. « Cette
fois il a réitéré son appel à lever ces obstacles et réviser la loi sur
l’investissement local, afin d’attirer le maximum de capitaux », note Djemaâ.
Et d’ajouter : « A mon avis, le président de la République est clair dans son
message relatif à la question de l’investissement et la révision de la loi. Il
veut en finir avec le diktat imposé par ces commissions de wilaya ou de daïra
qui traitent les dossiers d’investissement avec cette ambition de blocage »,
estime l’économiste. Selon Djemaâ, le président de la République, « contraint
de jouer le rôle à la place du guichet unique », devra s’attaquer en alternance
à la révision de la loi sur la monnaie et le crédit. Il explique que plusieurs
autres investissements n’ont pas pu être réalisés a cause de l’accès aux
crédits bancaires. Il cite l’exemple des investisseurs ayant bénéficié de
centaines d’hectares de terrains pour se lancer dans l’agriculture, notamment
les céréales, et qui sont bloqués par la banque qui exige l’hypothèque des
terrains. «Des centaines d’investisseurs dans la PME-PMI sont également bloqués
à cause de l’hypothèque. A mon avis, il faut trouver des mécanismes juridiques
qui débloquent l’investissement et qui assurent en même temps le remboursement
du crédit à la banque », souligne-t-il, avant d’insister sur la révision de la
loi sur la monnaie et le crédit qui, selon lui, constitue l’autre blocage
majeur de l’investissement.
Pour
l’économiste M’hamed Hamidouche, le problème de la levée des obstacles sur les
projets d’investissement demeurera si l’Etat n’agira pas avec fermeté et
pragmatisme. Il donne l’exemple de l’inactivité du guichet unique qui est censé
résoudre les problèmes auxquels font face les investisseurs. A ce sujet, il
estime que la révision de la loi sur l’investissement doit prendre en charge
tous les obstacles bureaucratiques que rencontrent les investisseurs en matière
de crédits bancaires et de foncier industriel. « A mon avis, il faut changer
l’appellation de la loi sur l’investissement par l’initiative sur
l’investissement qui devra englober tout le processus de l’investissement
étranger et national », préconise-t-il, appelant les hautes autorités de faire
preuve de pragmatisme dans la prise de décision économique. Il donne l’exemple
de certains pays scandinaves où l’acte de l’investissement se fait dans un
cabinet de notaire ou d’un avocat.