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Pour
l’universitaire, un régime de garantie «ne peut fonctionner efficacement que si
les autorités du pays procèdent à une recapitalisation des banques publiques,
notamment par le biais de la privatisation, tout en mettant fin à leurs
renflouements ainsi qu’à l’importante distorsion de concurrence». Ces actions,
précise le Dr. Derder, «doivent être complétées par l’instauration de règles de
bonne gouvernance, l’encouragement de la concurrence au sein du secteur
bancaire, l’assurance d’une grande transparence des institutions,
l’amélioration du niveau des pratiques d'information financière tout en
assurant, bien évidemment, la mise en place d’un contrôle bancaire efficace».
En Algérie, le système bancaire se compose de 20 banques de dépôts dont 6
publiques. Ces dernières prédominent non seulement par l’importance de leur
réseau d’agences, mais aussi par leur part de marché qui avoisine 87% des
dépôts et prêts bancaires en Algérie. Malgré leur prédominance, affirme
l’auteure de l’étude, ces banques publiques «restent fragiles du fait qu’elles
sont fortement dépendantes du Trésor». Pour le Dr. Derder, «sans un contrôle
bancaire efficace, c’est-à-dire des normes de fonds propres rigoureuses et des
mécanismes dans lesquels le marché joue un rôle en imposant sa discipline aux
participants au système, la garantie des dépôts en Algérie sera sans effet et
accroîtra les coûts et les difficultés liés à la résolution d’une crise». Aux
yeux de l’universitaire, «il semble très utile que le législateur algérien
transforme le fonds de garantie en véritable instrument de gestion préventive
des crises bancaires».
Cette fonction préventive «doit être relativement limitée et ne prend que
rarement la forme d’un soutien financier anticipé, tout en évitant de confondre
insolvabilité et problèmes de liquidité». Aussi, le Dr. Derder indique qu’en
raison des déficiences qui caractérisent les systèmes d’information des banques
algériennes qui exercent dans un marché non concurrentiel, «un système dual,
associant prime forfaitaire et adéquation des fonds propres aux risques, est
plus adéquat dans le cas de l’Algérie». Concernant la couverture des dépôts en
devises, et suite à l’existence d’un marché de change officiel et d’un autre
parallèle, «il nous semble que le remboursement des déposants en monnaie
étrangère peut contribuer à la lutte contre le secteur informel et de là à
l’instauration d’un climat de confiance notamment avec le transfert du risque
de change du déposant vers la banque». A propos du plafond individuel
d’indemnisation, et pour se conformer aux pratiques internationales et
renforcer la discipline du marché, l’universitaire a estimé qu'»une révision de
ce plafond qui se situe au dessus de la fourchette haute (environ cinq fois le
PIB/hab) est indispensable. Cette révision à la baisse doit être accompagnée
d’une importante offre de produits d’investissement, notamment des produits
relevant de la finance islamique». Enchaînant, l’étude souligne que la garantie
des dépôts explicite «peut être utilisée de manière optimale comme outil de
politique publique même dans le cadre de l'objectif de protection des déposants,
mais en même temps, la conception d’un tel système de garantie des dépôts
devrait être différente de celle employée dans le cadre de l'objectif de
prévention des paniques bancaires».