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Pour Loubna Boutemine et Cheyma Mansouri, respectivement enseignantes à l’École supérieure de comptabilité et finance à Constantine et à l'École nationale supérieure des sciences islamiques, cette assurance a connu «une acceptation notable» parmi les citoyens algériens, comme en témoignent les chiffres enregistrés pendant une courte période. Cependant, les universitaires estiment que ce compartiment reste confronté à quelques obstacles qui entravent sa croissance, notamment les obstacles réglementaires, technologiques et le manque de campagnes de sensibilisation. Partant de ce constat, les universitaires proposent de «réviser certaines lois régissant les compagnies d'assurances Takaful en Algérie, en réduisant le nombre d'adhérents nécessaires pour créer une compagnie Takaful». De plus, il convient de «diminuer le taux d'investissement obligatoire (actuellement fixé à 50%) dans les obligations du Trésor public, qui contiennent des intérêts». Parallèlement, expliquent-elles, il est recommandé d'«introduire des instruments financiers islamiques, tels que les Sukuk». Ces mesures «favoriseront une pratique d'investissement conforme aux principes de la charia, offrant ainsi des possibilités de croissance et de stabilité pour les compagnies d'assurances Takaful en Algérie». Au chapitre des recommandations, les universitaires plaident également pour la création de banques islamiques distinctes, pour assurer la transparence, une gouvernance spécifique et une adhérence authentique aux principes de la finance islamique, favorisant ainsi le développement réussi du bancaTakaful en Algérie. Il est aussi question d'élargir le rôle de supervision des organismes de réglementation sur les activités des compagnies d'assurances Takaful, afin d'inclure la surveillance de leur conformité aux normes et aux principes juridiques. Une démarche qui peut être réalisée, «en établissant des unités d'inspection chargées de la surveillance réglementaire, en plus de la supervision financière et administrative», et à travers la «facilitation des stages dans les pays leaders de l’assurance Takaful pour les cadres algériens du secteur». Par ailleurs, les universitaires préconisent de «diversifier les produits Takaful, pour contribuer à attirer un plus grand nombre de clients potentiels». En offrant une variété d’options d’assurance Takaful, les compagnies peuvent cibler différents segments de marché et élargir leur base de clients. Cela peut inclure des produits spécialement conçus pour les particuliers, les familles, les PME, ainsi que les grandes entreprises. Aussi, les universitaires proposent d'attirer les compagnies Takaful étrangères, pour investir dans le marché algérien. Ces compagnies, affirment-elles, «ont l’expertise et peuvent former les ressources humaines algériennes». L'Algérie, aux yeux des universitaires, «peut soutenir l'innovation technologique, en offrant des incitations et des subventions aux compagnies d'assurances Takaful, qui utilisent des solutions numériques avancées, telles que l'intelligence artificielle, la blockchain et l'analyse de données».