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Lors du salon des agrumes, organisé ce samedi à Blida par la chambre de l’agriculture, plusieurs agriculteurs exposants affichaient une certaine inquiétude face à la forte production réalisée et surtout à la commercialisation de leurs produits. Certains agriculteurs expliquent que les oranges, pamplemousses et citrons ont mûri sur les arbres mais ne trouvent pas acheteurs, d’où la nécessité de créer des unités de transformation ou opter pour des opérations d’exportation. «Nous sommes devant un dilemme. Si nous n’arrivons pas à écouler notre marchandise, nous aurons des problèmes pour relancer la production l’année prochaine», lance un agriculteur à la délégation des autorités locales composée du wali accompagné par Abdelatif Dilmi, secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) ainsi que d’autres responsables du secteur agricole. Lors de la visite des stands d’expositions, des producteurs ont fait part au wali et SG de l’UNPA de leurs inquiétudes quant à la baisse du niveau d’eau destinée à l’irrigation et l’insécurité qui posent un problème sur leurs exploitations. Selon eux, des individus opèrent durant la nuit pour voler les oranges causant une perte sèche aux agriculteurs qui peinent à faire face à ce phénomène de vol sans aucune impunité. «Nous avons engagé des surveillants et nous les payons 2.000 DA la nuit. C’est des frais supplémentaires pour nous, alors que nous ne sommes pas sûrs d’écouler notre marchandise à un prix équilibré», explique un agriculteur qui exploite des vergers dans la localité d’Oued El Alleug, une région où l’on trouve le plus des vergers d’agrumes de la wilaya de Blida. Au sujet du manque d’eau pour l’irrigation, certains agriculteurs de la région de Chiffa proposent au wali de créer des captages d’eaux au niveau du Oued Chiffa pour profiter des eaux qui coulent en abondance et les exploiter pour l’irrigation. L’autre problème de fond, le foncier, a été abordé par la majorité des agriculteurs qui exigent l’assainissement de leur situation qui reste confuse et conflictuelle. «Nous exploitons des vergers mais nous n’avons pas le droit d’accéder au crédits bancaires à cause des actes d’exploitation du foncier. Nous réalisons la production avec notre propre fond et sans aucun avantage», fait remarquer un producteur d’agrumes dans la localité de Béni Tammou qui relève, lui aussi, la rareté de l’eau à cause de la diminution de la nappe phréatique.
Des variétés en voie d’extinction, d’autres naissent
Durant ce salon des agrumes dont les responsables locaux ont maintenu l’organisation malgré la menace de la Covid-19 qui s’est propagée rapidement cette dernière semaine, les producteurs ont tenu à exposer tous les problèmes qu’ils rencontrent et qui menacent même certaines variétés d’agrumes dont certaines risquent de disparaître a jamais. On cite la Tanjarine, tardive, la sanguine ou même la clémentine. «Nous avons des variétés propres à nous. Des variétés algériennes qui datent de l’époque des Ottomans et qui risquent de disparaître si nous n’intervenons pas pour sauver ses agrumes très prisés en Europe», dénonce un agriculteur avant d’interpeller le wali sur le phénomène du vol sur sa production. «Des voleurs ont été arrêtés et présentés devant la justice, mais trois jours après, ils ont été relâchés», explique l’agriculteur au wali de Blida. La responsable du service de recherche à l’Institut technique de l’arboriculture fruitière et de la vigne aborde, elle aussi, la problématique de la disparition de certaines variétés ces dernières années à cause de la décennie noire et le manque de moyens comme l’eau pour l’irrigation. La station expérimentale qui compte 23 hectares est desservie par un petit forage d’eau.
Parmi les exposants, de jeunes agronomes exploitent des pépinières et développent de nouvelles variétés d’agrumes dont certaines ont été importés de l’étranger. Le propriétaire de la pépinière Dina Garden a attiré l’attention de la délégation après avoir exposé ses nouvelles recherches dans le domaine du développement de nouvelles variétés d’agrumes comme le citronnier avec 13 variétés dont une est très coté en bourse sur le marché international.
Bientôt des assises nationales sur l’agriculture
Devant les différents problèmes que rencontrent les agriculteurs, le nouveau SG de l’UNPA, Abdelatif Dilmi, annonce bientôt la tenue des assises nationales sur l’agriculture qui seront organisées probablement à Blida pour sortir avec des décisions aux profit des agriculteurs. «Le dossier du foncier sera en premier sur la table. Nous allons régler ce problème définitivement pour permettre aux agriculteurs de travailler dans un cadre légal et assurer une certaine sécurité pour l’avenir de leurs enfants», explique Dilmi avant d’aborder le problème de la sécheresse qui perdure dans certaines régions comme Batna, M’sila et Djelfa. «Des éleveurs souffrent énormément dans ces régions où le quintal de l’orge atteint les 5.500 DA. Nous demandons aux autorités publiques de prendre au sérieux ce problème de sécurité qui menace la race de cheptel, la plus cotée au monde», a indiqué le SG de l’UNPA.